Le grand voyage du petit Dixou


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Avril, suite 1

RÉCITS





Avril, suite 1
Le retour...





Jour 189, Soleil
14 avril 2011
St-Augustine

St-Augustine, la plus vieille ville des États-Unis, au début, habité au 15iè siècle par des Espagnols, ce qui explique l'architecture magnifique de style Espagnol.

St-Augustine une ville accueillante, riche d'histoire, où l'art et la culture sont bien présents. J'adore y marcher car j'y découvre toujours des petits trésors d'endroits. Pour les plaisanciers, St-Augustine, c'est une ville de retrouvailles et de camaraderie.

Ah la camaraderie Québécoise ! Denis est bien heureux de la retrouver. L'apéro d'aujourd'hui est à bord de Dixou. L'équipage du Mathurin II, Robert et le fils Philippe apportent une recette secrète d'un bon petit boire, à base de rhum, sirop d'érable et de jus de limette. Et aussi, monte à bord, la bonne humeur de la cata Gaïa avec Nadine et Louis qui nous ont préparé de bons canapés. Denis, lui, est fier de partager son rhum préféré à ses nouveaux amis. Comme nous le disons par chez nous : le fun est pogné et le 5 à 7 se termine à 21h30. Une heure tardive pour des marins.


Jour 190, soleil
15 avril 2011,
St-Augustine

Comme nous avons bien dormi, nous sommes maintenant en pleine forme pour le lavage et aussi l'épicerie. Allez faire les emplettes va nous faire du bien, car il faut marcher 30 minutes. Faut dire, pour moi, l'exercice me manque beaucoup dans ce voyage.

Nous partons donc avec nos sacs à dos accompagné de Nadine et Louis. Le pas est rapide et j'en profite à plein. Je me sens comme dans le film de Rocky quand il reprend l'entrainement pour le match de la revanche.

En après-midi, après s'être acquitté de la tâche du remplissage du propane, un bon latté entre fille en compagnie de Nadine. Une fille hyper dynamique et tellement sympathique.

Souper et soirée en ville où nous profitons de l'atmosphère du festival annuel Rythm et Ribs. Les amateurs de côtes levées sont servis. Plusieurs villes sont en compétition pour obtenir le prix des meilleures côtes levées de l'année. La musique se met de la partie et réchauffe l'ambiance.

À notre retour, sur le quai, juste à coté de notre annexe, un oiseau fait le gai. Comme un soldat de plomb, il ne bronche pas. Est-ce le gardien de nuit du quai ? Et croyez-moi, la photo n'est pas zoomée !


Jour 191, soleil
16 avril 2011,
St-Augustine

La camaraderie se poursuit. Dîner à bord
Gaïa, ce catamaran de 60 pieds, construit par Nadine et Louis. Tout un projet qui s'est échelonné sur plus de 20 ans. Cela prend beaucoup de foi, de détermination et de persévérance pour mener à terme un pareil projet.
Leur catamaran est magnifique et spacieux et rempli de bonheur. Chacun apporte un petit quelque chose à manger. Les Mathurins eux, nous font goûter à leur Conchs fritte, un délice les Gars !

Nous sommes encore à table et, le cercle de la camaraderie s'agrandit avec l'arrivée du bateau Le Mousse VI, Guylaine et René et du voilier l'Interrompue, Hélène et Réjean. Pour les accueillir, le cata Gaïa se transforme en Gaïa Dock et fait monté à son bord tout ce beau monde. Que de belles retrouvailles pour nous qui n'avions pas revu le Mousse VI depuis novembre dernier. L'amitié marine c'est magique, une étincelle et c'est reparti.

Ce soir, tous ensembles, nous retournons au Festival Rythm et Ribs pour se baigner à nouveau de cet air festif.


Jour 192, soleil 26C
17 avril 2011,
St-Augustine

Ma petite marche matinale me fait respirer le bonheur. J'ai déjà écrit que l'exercice me manquait et bien je l'écris à nouveau. De ce voyage, c'est ce qui me manque le plus, c'est l'exercice. La vie de bateau et le sport difficile à allier.

Juste avant de retourner au voilier, je croise l'équipage du
voilier l'Envoile. Une belle famille qui habite dans le Grand Nord et ont pris eux aussi, un temps d'arrêt pour vivre leur Rêve des Bahamas. Ils en ont du courage car à quatre sur un bateau, il faut s'aimer beaucoup et l'organisation est bien différente avec des enfants d'âge scolaire à bord.

En après-midi, nous retournons à l'épicerie. C'est ma tactique; je garde des emplettes à faire, pour retourner prendre une marche. Shut ne le dites pas à Denis : : Aujourd'hui, nous sommes accompagnés d'Hélène et Réjean du
voilier l'Interrompue, un voilier Catalina 30, habitant au Saguenay. Toute une trotte pour eux qui arrivent des Bahamas. Un aller-retour bien sûr, mais en passant par le Lac Champlain, les écluses, le fleuve, le fiord. Ils arriveront chez eux, à la Baie, au mois d'août.

En leur compagnie, nous découvrons de vrais Saguenéens. Des gens joyeux, intenses et passionnés. Une belle chimie s'installe entre nous, dès les premiers pas. Comme je sais déjà que nous devrons nous quitter demain, c'est facile de dire que je regrette de ne pas vous avoir connu avant, mais je préfère plutôt penser à la chance que j'ai de vous avoir rencontré et l'espoir de vous revoir.

Toujours à l'affût de la température marine, la météo, nous annonce de bons vents favorables pour nous pousser confortablement vers le Nord. Denis et moi prenons la décision de partir demain matin par la mer pour deux ou trois jours. Pour nous, la mer, quand elle est clémente, nous rend plus libre dans nos journées.

C'est avec cette décision que nous montons à bord du bateau
Le Mousse VI pour le dernier apéro à St-Augustine. Le Mousse VI, Guylaine et René, habitent à Trois-Rivières, tout près de chez nous. Nous sommes impressionnés par ce grand bateau moteur. C'est un Lachance de 53 pieds. Il y a de la place là-dedans, même un lasy boy dans le salon. Dixou pourrait presque rentrer dedans. Merci pour votre accueil les Mousse VI. Vous nous avez manqué cet hiver. À la prochaine les amis


Nos routes se séparent ici, nos amis passent par l'intérieur dans Intercostal Water way et nous prenons la mer. Un toast à l'amitié et un dernier pour une bonne route. Vous rencontrer a été un baume à notre escale de St-Augustine.

Bon vent, bon retour et qui sait, nous nous reverrons certainement un jour.


Jour 193, soleil nuages 27C
18 avril 2011,
De St-Augustine vers la mer

À mon réveil, rapidement je m'habille, prends un fruit et pars en annexe pour une dernière marche matinale à St-Augustine. Comme c'est agréable de se balader tôt, juste avant que tout se réveille. Déjà le temps de faire demi-tour. En passant, un petit latté pour apporter et à 8h15 je suis à bord et prête pour les manoeuvres du départ en mer. L'annexe est hissée sur le pont et Dixou se dirige vers le pont qui nous ouvrira les bras à 9h00 pile et ainsi prendre la mer pour les deux prochains jours.

En passant, nous saluons le Voilier
Second Wind et son équipage, Kerry et Sal . Un jeune couple de l'Ontario. Xx et xx ont respectivement 26 ans. Avec leur voilier de 21 pieds, ils arrivent des Bahamas. Quelle belle jeunesse !

En fin d'après-midi, la mer nous offre un little tunny, de la famille des thons. Préparation d'un tartare.

Le soleil se couche à 19 :45 et c'est une pleine lune orangée qui prend la place. Au fil de la nuit, elle reprend sa couleur blanche. Cette dernière pleine lune de notre voyage annonce la fin du périple et aussi me confirme que le temps passe si vite!....


Jour 194, soleil nuages 26C
19 avril 2011,
En mer

La nuit a été bonne et la mer douce. La chaleur, elle se refroidit et nous devons dormir avec une petite doudou maintenant.

Quand le soleil est à son poste, la lune n'est pas encore couchée. Cela m'impressionne toujours de voir ces deux opposés en même temps. Pour nous, le train-train quotidien des marins va occuper cette journée qui s'annonce très belle.

Eh que oui ! À plusieurs reprises durant la journée, les dauphins viennent nous dire bonjour. J'ai l'impression qu'ils jouent avec l'étrave de Dixou. À un moment, j'en compte jusqu'à douze. Tout un spectacle aujourd'hui. Denis et moi, comme des enfants, courront sur le voilier pour tout voir.

Bonne nouvelle, madame météo est favorable et nous poursuivons notre route toute la nuit en direction de Cape Fear que nous devrons atteindre demain avant-midi.


Jour 195, Soleil - nuages
20 avril 2011,
Entrée par la mer Cape Fear jusqu'au mille 283 Wrightsville

Pendant la nuit, les vents ne sont pas aussi forts qu'annoncé, nous devons utiliser le moteur. Mais nous gardons quand même notre décision et entrons à l'intérieur des terres. Car le front froid annoncé devrait arriver dans 20 heures et nous n'avons pas le temps de poursuivre jusqu'à l'autre entrée qui est Beaufort NC.

Au matin, l'entrée de Cape Fear se négocie très bien. Et nous voilà dans le calme de l'Intercostal. Les rouges sur bâbords les vertes sur tribord... La routine de l'Intercostal s'installe. Pendant qu'un de nous est à la barre pour son heure de garde, l'autre à l'intérieur, après s'être acquitté ses tâches quotidiennes à du temps libre pour lui. Et ainsi de suite jusqu'à 17h00 pour aujourd'hui.

Après consultation des cartes et du livre de référence Skipper Bob, nous décidons d'arrêter à Wrightsville pour la nuit, sinon, nous devons faire deux heures de plus. Disons que l'équipage après trois jours de navigation en ligne, appréciera arrêter le moteur à 17h00.

Comme nous arrivons au lieu d'ancrage, une surprise nous attend. Et bien oui, c'est le voilier
Mathurin II qui est là. Nous sommes bien heureux de prendre l'apéro ensemble et jaser de nos navigations des derniers jours.


Jour 196
21 avril 11
Du mille 283 Wrightsville au mille 229 Swansboro

Il est 6h00 et nous sommes debout. La vie de l'Intercostal prend les commandes. Denis lève l'ancre et nous sommes juste au bon moment pour l'ouverture du pont à 7h00. Et c'est partie mon qui-qui. L'Intercostal nous permet d'avancer en étant à l'abri du gros vent et vagues, donc plus sécuritaire, mais disons ce n'est pas ce que j'apprécie le plus du voyage.

Disons aussi que le côté exotique et paradisiaque du voyage est derrière. Entre mes heures à la barre, j'en profite pour faire la correspondance, le site Internet et la bouffe. L'important, c'est de garder le moral des troupes et être joyeux. Alors toutes les idées sont bonnes pour agrémenter ses longues heures à moteur.

Nous arrivons à notre lieu d'encrage avec du vent de 23 noeuds dans le nez et un courant de marée de 2 noeuds. Notre expérience des derniers mois nous vient en aide pour faire cette manoeuvre délicate dans ses conditions. Le tour est joué, l'ancre est mise, maintenant reste à surveiller pour qu'elle demeure bien en place toute la nuit.

J'aimerais bien aller prendre une marche, mais pas question, avec ce vent et les alertes d'orages annoncées à la radio toute l'après-midi. Bon, ok, je reste au voilier. J'avoue que c'est temps-là, je me sens prisonnière de Dixou. Mais c'est aussi ça la vie de voilier. Rester à bord pour veiller à la sécurité de Dixou.

Souper et dodo, demain une autre journée avec beaucoup de route


Jour 197, nuages
22 avril 2011
Du mille 229 Swansboro au mille 159 Hoboken cut

La même chanson qu'hier, levée à 6h00 et à 7h00, nous sommes chacun à nos postes pour les manœuvres. Et nous voilà repartit vers le Nord.

Pourquoi remonter vers le nord si rapidement ? Pour deux raisons; la première, c'est que nous n'avons pas assez de temps pour prendre notre temps de s'arrêter où nous voulons car le bon temps, nous l'avons pris dans le Sud. Et la deuxième et la plus agréable, nous avons rendez-vous nos amis Lise et Pierre, au New Jesey le 3 mai. Ils passeront quelques jours avec nous à faire du vélo. Nous avons bien hâte de les revoir et moi pédaler. Et voilà ce qui nous pousse !

Aujourd'hui est une journée avec beaucoup de vent de face. La prédiction météo avait raison et nous sommes bien contents d'être à l'intérieur des terres plutôt que sur la mer. Quand nous passons à Beaufort NC, ce n'est pas évident : le vent de face, toutes ses bouées de différents chenaux et la circulation de gros et petits bateaux.

Quelques milles plus loin, le calme revient mais ne dure pas longtemps, le vent reprend sa force et Dixou est maintenant le nez dans des vents de 23 - 25 noeuds. Ce grand bassin où nous sommes fait monter des vagues très cassées de 4 pieds. On se fait brasser pendant 3 heures. Le nez de Dixou entre dans la vague emmenant avec lui l'ancre attaché au davier, ce qui fait un bruit d'enfer qui m'agresse et me stresse toutes ses heures. Les marches sont devenues notre poste de pilotage, car dehors chaque vague éclabousse dans le cockpit. Imaginez la mer ! Oui ben content d'être dans les terres.

Finalement, l'arrivée finit par arriver. Après 70 milles nautiques. Maintenant Dixou et son équipage sont en eau calme pour la nuit.


Jour 198,
23 avril 2011,
Du mille 159 Hoboken Cut au mille 82 Little Aligator
77 milles, voile et moteur, vent SSW, 18 à 22 noeuds

Nous avons bien dormi cette nuit. Mais disons que le réveil a été assez brutal. Oui, nous avons été attaqués. Eh oui attaqué par des maringouins USA, oui de Maringouins, il y en a aussi par ici.

L'attaque a débuté vers 5h00 du matin. Et pendant l'attaque, il y a eu une tempête dans le bateau. En effet, le Capitaine voulant utiliser le Muskol (insecticide en vaporisateur) et l'Amirale elle, lui interdisant d'utiliser TOUT insecticide à bord.

Finalement le Capitaine a fait à sa tête et l'Amirale a parti le moteur obligeant le capitaine à lever l'ancre. Tout ça pour dire qu'à 5h45 du matin, nous étions en route, en apportant avec nous les maringouins survivants. Mais soyez rassuré, au moment d'écrire ses lignes, il n'y a plus aucun maringouin à l'intérieur de Dixou, la hache de guerre est passée par dessus bord et la paix est de nouveau avec nous. :):)

Fin de l'épisode de vie des marins en route vers le nord...

Ce soir, nous ancrons à Little Aligator, nous espérons ne pas avoir une attaque d'Alligator ! :):)

Les photos ont été prises en fin de journée, pour reconstituer visuellement l'évènement. Car au moment où cela se passait, mon esprit n'était pas à prendre des photos !


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