Le grand voyage du petit Dixou


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Avril, suite 2

RÉCITS





Avril, suite 2
Le retour...





Jour 199, soleil
24 avril 2011, nuages
Du mille 82 Little Aligator au mille 11 Deep Creek Bridge.

Il est 5h30, tout le monde debout. La navigation d'aujourd'hui est en fonction des horaires terrestres. En effet, sur notre route du jour, le pont de d'Élizabeth City et l'écluse du Dismal Swamp route est en opération à heure fixe et sa dernière ouverture est à 15h30. Nous préférons passer cette écluse aujourd'hui pour respecter l'itinéraire des prochains jours.

À 6h00 exactement, Dixou est en route. En avant-midi, la navigation demande une attention et une vigilance car nous sommes dans un zone de Crab pot (cage de crabe) des pêcheurs ou une toute petite bouée de couleur sort de l'eau. Même sur la route cartographiée, il y en a. De plus, avec la vague, le reflet du soleil sur l'eau et la couleur des bouées font que nous avons de la difficulté à les voir. Le danger de passer dessus est que la corde de la bouée qui relie la cage s'enroule dans l'hélice de Dixou. Cela nous mettrait dans une fâcheuse position. Je ne suis pas intéressée à plonger pour aller déprendre la corde dans l'hélice, surtout dans cette eau, si vous voyez ce que je veux dire.

L'après-midi est plus chaude et plus relax pour la navigation. Nous sommes entrés dans le canal. J'ai le temps de pensée ou plutôt, de laisser venir les pensées d'elle-même et j'aime ça. Je me dis, qu'au retour à la vie terrestre, avec notre quotidien que nous prenons soins de surcharger, les pensées n'ont pas le temps d'émaner d'elles-mêmes.

Nous passons la première écluse et avons le temps de nous rendre à l'entrée de la deuxième écluse pour y passer la nuit et ainsi, être en position à la première heure de son ouverture.



Jour 200, soleil et nuages 24C
25 avril 2011,
Du mille 11 Deep Creek Bridge à Hampton

À 8h30 précise, le pont ouvre et Dixou se dirige dans l'écluse. L'éclusier, le même quand novembre dernier est toujours aussi sympathique. Il nous informe que l'eau nous descendra de 11 pieds.

L'écluse est passée et tranquillement, la ville prend la place de la nature. Et la froide ville de Norfolk est déjà là avec son importante base navale des États-Unis. Une émotion de " déception humaine " m'envahit en voyant tous ses navires gris-guerre. Oui la guerre c'est sûrement très lucratif !

Juste comme nous passons dans le canal, un navire de guerre sort du port escorté par trois bateaux moteurs. Nous devons nous détourner de notre route. C'est ben correct, nous suivons les ordres transmissent à la radio par l'armée.

Quelques milles nautiques de plus et ville de Hampton droit devant qui semble plus accueillante avec son architecture.



Jour 201, soleil nuages 23C
26 avril 2011,
Hampton

Bien dormi la nuit dernière et le petit déjeuner s'étire car rien ne presse aujourd'hui. La météo nous oblige à passer quelques jours ici. La décision est assez vite prise quand je vois 42 nœuds de vent en mer exactement où nous devons passer.

La capitaine de port nous ouvre grand les bras de sa ville. Une femme dynamique avec un sens d'accueil très développé. Sa ville, elle l'aime et veut nous la faire découvrir. Au devant de nous, elle nous renseigne des attraits à ne pas manquer. Des vélos sont à notre disposition.

Une balade en vélo, un film au Imax va occuper notre journée qui se termine avec un apéro à bord du voilier Tourne brise, un Catalina de 34 pieds aimé par Monique et Viateur qui en prenne bien soin. Nous apprenons que Viateur a longtemps animé à la radio HF le réseau du soir.


Jour 202, soleil 26C
27 avril 2011
Hampton

Après nos travaux quotidiens, notre vie citadine se poursuit.

Nous parcourons les rues à pied et nous nous laissons tenter par une terrasse. Quelques emplettes en après-midi et l'équipage du Tourne Brise monte à bord pour le traditionnel 5 à 7 des marins.



Jour 203, soleil 25C
28 avril 2011,
Hampton

Au petit matin, c'est le vent qui me réveille. La météo avait raison et nous sommes bien heureux d'être ici à Hampton à l'abri. Un peu craintif, nous retournons voir un film à Imax sur les îles Galapagos, de toute beauté !

En après-midi durant mon magasinage de fille avec mon chum, nous entendons à la radio qu'il y a une alerte aux tornades jusqu'à 14hrs. Nous sortons dehors et constations que le vent a augmenté. Denis est inquiet pour Dixou. Ni un, ni deux, nous enfourchons nos vélos et direction la marina.

Le capitaine est rassuré de voir Dixou au même endroit. Vite dans l'annexe pour le rejoindre. Moi qui avais l'idée de rester à terre pour prendre une marche, je déchante vite car le capitaine veut tout l'équipage à bord dans ses conditions.

Le vent souffle encore plus. La pluie commence et rapidement, ça tombe comme des clous. L'anémomètre fait des piques à 33 nœuds. Nous sommes près pour les manœuvres d'urgence. Par mesure de sécurité, Denis part le moteur. Nous sommes sur le qui-vive comme ça pendant plus d'une heure.

Finalement le vent s'essouffle quelque peu, la pluie cesse. Vers les 16h00, le danger est écarté. Nous restons aux aguets jusqu'à 17h00 et finalement décidons de relaxer en partageant une pizza à bord de Tourne Brise avec Monique et Viateur qui eux aussi ont eu des sueurs froides ces dernières heures.


Jour 204, soleil 22C
29 avril 2011,
De Hampton nous prenons la mer vers New York

Debout à 6h00 pour la préparation à prendre la mer : Météo, annexe monté sur le pond, installation des lignes de vie, préparation du sac de survie etc... Maintenant, même si cette préparation technique est de la routine pour nous, la nervosité qui nous habite est toujours présente elle car pour moi, prendre la mer c'est s'abandonner aux éléments en sachant que les maîtres ce sont eux. Je me demande : Pourquoi aimer ça ma Sylvie ?

Bon assez, tu philosopheras plus tard, le capitaine est près pour lever l'ancre. Avec toute la difficulté que Denis a à lever l'ancre, nous n'aurions pas dû nous inquiéter hier. Je suis obligée de mettre le moteur de l'avant pour la dégager.

Nous saluons en passant l'équipage du voilier Tourne Brise, Monique et Viateur. Viateur, en geste d'amitié, nous souffle un au revoir avec sa conche des Bahamas.

Nous rejoignons la mer en quelques heures. Le moteur vient aider les voiles car monsieur le vent est timide. Il aurait pu s'en garder pour aujourd'hui.

Après un magnifique coucher de soleil rouge, j'ai la réponse à ma question de ce matin.
Pourquoi aimer ça la mer ?

Et bien quand les éléments m'ouvrent leurs grandeurs d'âme, leurs beautés, leurs intensités, j'ai l'impression de les toucher, j'ai l'impression d'en faire partie. Et ce moment est un moment précieux pour moi, un moment de paix. Une question en attire une autre ... Faut-il côtoyer la frayeur des Éléments pour toucher ses beautés ?

Bonne nuit à vous ! Moi je vais faire mon tour de garde, je trouverais peut-être ma réponse dans les étoiles...


Jour 205, soleil nuages, 16C
30 avril 2011,
En mer vers New York

La nuit dernière, j'ai " déphilosophé "!... Les étoiles, elles étaient bien là c'est vrai, mais mes priorités ont changées durant la nuit. En effet, avec les vents qui ont augmenté jusqu'à 26 nœuds nord ouest, la mer s'est gonflée et le froid du nord s'est installé. On se fait brasser, nous avons froid et j'ai le mal de mer. Je ne m'attendais pas à cette situation et mon mental n'était pas prêt. La réponse des étoiles c'est une question : Mais qu'est-ce que tu fais ici Ma Sylvie ?

Bon commençons par gérer le mal de mer en employant la méthode des 4 F : Froid, Fatigue, Frousse, Faim. Je prends soin d'avaler un cachet contre le mal de mer. Finalement, je finis par m'endormir d'épuisement pendant que le Capitaine veille le reste de la nuit.


Le soleil du matin arrange bien des choses. Le mal de mer est passé, je me suis réchauffée, la peur est partie car je vois où nous allons et mon bedon est plein. Hier est passé et aujourd'hui est une nouvelle journée.

Le vent garde sa force, mais ne travaille par avec nous, ce qui nous oblige à garder le moteur en marche. Denis refait ses devoirs de navigation et pour notre sécurité, nous décidons d'aller faire le plein de diésel à Cap May. Deux heures plus tard, nous sommes à nouveau sur notre route menant à New York.

Le vent finit par s'essouffler et la mer se calmer en fin d'après-midi. La soirée annonce une nuit calme.



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