Le grand voyage du petit Dixou


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Décembre, suite 1

RÉCITS





Décembre 2010, suite
Le sud...





Jour 63, soleil, 26C
10 décembre 2010
Sapodilla bay, Turks and Caicos

Aujourd'hui le temps est superbe, repos et baignade au programme, mais avant, nous devons ramasser dans le voilier et faire le lavage. Le ménage dans un 28 pieds ce n'est pas si long à faire que ça, allez mon Capitaine, au travail. Après déjeuner, le vent tourne brusquement et augmente en poussant Dixou vers les rochers et un son de frottement se fait entendre. Mais qu'est-ce que c'est ? Nous plongeons pour voir ce qui se passe et découvrons que nous avons passé juste au dessus d'une épave. La chaîne c'est fait un chemin dans la vieille tôle rouillée de cette épave et elle est prise bien serrée. Impossible, même si on déprend la chaine, de réussir à lever l'ancre à partir de Dixou car on doit passer au dessus de l'épave et nous éraflerons le dessous du bateau. Denis a son plan. Il sort la 2ième ancre
et les 90 pieds de chaînes qui vont avec. Les deux ensembles ça doit bien peser 150 livres. 150 livres à sortir du dessous du banc du cockpit et traîner jusque dans l'annexe. Denis est fort comme Popeye le vrai marin.

Nous sommes allés porter cette ancre à environ 100 pieds de Dixou sur son travers bâbord et ramené l'autre bout du cordage au puit d'ancre. Nous avons ensuite laissé filer le bout qui était pris dans l'épave au fur et à mesure que nous tirions sur le bout de la nouvelle ancre. Là Dixou est hors de danger, il ne reste plus qu'à sortir la chaîne qui ést restée prise dans l'épave afin de récupérer l'ancre principale. Denis plonge avec la gaffe, zigonne, zigonne sans résultat. Je demande à Denis la gaffe pour essayer à mon tour. Je m'y prends différemment et ça réussit. L'orgueil mâle est touché !

Alors nous avons pris l'annexe pour sortir l'ancre et avons réancrer dans un endroit plus sûr. Ramasser ensuite l'ancre de secours, c'est-à-dire l'ancre tempête et sa chaîne qui pèse toujours 150 lbs. Et là Popeye aidé de sa Olive remet le tout dans le coffre du cockpit.

Tout est bien qui fini bien.


Jour 64, soleil, 25C
11, décembre 2010

Providential Island, Sapodilla bay, Turks and Caicos

Nous en profitons pour relaxer et faire un tour en ville. Comme nous marchons en direction de la ville, attention, ici ça conduit à gauche, une voiture stop et offre de nous embarquer. Il nous avait été dit que nous pouvions faire du pouce sans problème. Parfait, nous embarquons et go : down town. Nous y trouvons épiceries, pharmacies et boutiques diverses, le touriste est bien installé ici. L'ambiance de Noël est là, il y a même des sapins du Québec à vendre. Faut être vendeur pour vendre ça ici. Ça doit être le même que celui qui a vendu des réfrigérateurs aux esquimaux ! Nous sommes surpris de voir qu'il y a des gardiens de sécurité à la porte du Liquor Store ainsi qu'à l'épicerie.

À notre retour, une voiture aussi arrête pour nous offrir un lift. Cette fois, c'est un policier, Monsieur Simons, qui est en congé et nous demande si nous avons besoin d'aide. Nous lui mentionnons que nous sommes à la recherche d'une carte marine pour les Iles. Gentiment, il nous conduit au bon endroit, nous attend et nous raccompagne à l'annexe. Pendant le trajet, il nous recommande dans l'avenir de prendre un taxi, c'est plus sûr. L'économie a diminué ici aussi et par le fait même, la criminalité a augmenté.



Jour 65, un gros nuage dans nos coeurs.
12 décembre 2010
Providential Island, Sapodilla bay, Turks and Caicos

Aujourd'hui, une triste nouvelle qui nous trouble et nous confirme une fois de plus la fragilité de la Vie. Pierre, il y a deux mois, vêtu de ton chandail de marin, tu nous souhaitais gaiement bon voyage et aujourd'hui nous apprenons que ton navire a pris le large à jamais. Ton escale sur la terre, a permis notre rencontre et de très bons moments ensemble. Tu nous accompagne, on pense fort à toi. Marie, courage, nous t'envoyons nos meilleures énergies.

Nos pensées vont vers la chance que nous avons d'avoir la Santé et aussi pour nos amis qui combattent pour la garder.


Jour 66, Soleil 26C
13 décembre 2010
Providential Island, Sapodilla bay, Turks and Caicos

Nous sommes 5 voiliers à l'ancre et tous commencent a déménagé. Il y a un " cold front " d'annoncer pour ce soir. D'ailleurs le vent tourne lentement au Sud et cette baie est grande ouverte sur le Sud.

Bon, nous avons l'épicerie et le remplissage de la bouteille de propane à faire. Let's go, on y va. Malgré les recommandations de plusieurs personnes à l'effet de prendre un taxi, nous décidons de marcher 5 minutes afin de se rendre à la station d'essence et, de là appeler un taxi.

Et bien, encore une fois, nous marchons pas plus d'une minute, qu'un gars bien habillé, arrête avec son camion et nous offre de monter. Il est seul, Denis et moi se regardons, pourquoi pas. Chemin faisant, lui aussi nous met en garde contre les " Jitny " ce sont des taxis illégaux. Y paraîtrait qu'il y a des touristes qui se sont fait voler. OK, lui dis-je, et il nous dépose gentiment dans le parc industriel où plusieurs personnes sont en attente pour le remplissage de leur réservoir de propane. Je sens que Denis n'aime pas la situation, les gars me regardent un peu trop.

Un des gars dit d'entrée dans l'espèce de roulottes juste à coté. Nous ne comprenons pas trop bien. Ah, il dit faut payer avant. Nous entrons dans cette roulotte, il n'y a qu'un petit couloir sombre sans lumière et une vitre fumée noir comme dans un comptoir caisse. Nous ne voyons personne. Soudain nous entendons une voix mais nous ne voyons toujours personnes sauf 4 doigts qui dépassent en dessous de la vitre ! Et la je comprends : It's Thirteen ( 13$ ) . Et bien le monsieur caissier est bien à l'abri des voleurs et des balles derrière sa vitre blindée. OK, ça va on a eu assez peur, on Call un taxi pour se rendre à l'épicerie.
Un vrai taxi, avec un permis accroché au miroir et une gentille dame en uniforme. Elle nous emmène au IGA, une chaine d'alimentation Canadienne !

Les prix sont raisonnables et le choix excellent, alors on en profite. La dame du taxi nous attend à la porte. Ici aussi, il y a deux gardiens de sécurité à la porte et deux gars qui vendent des sapins de Noël du Canada devant L'IGA !

Nous sommes de retour à la plage et pendant que Denis transporte les paquets du taxi a l'annexe, je paye la dame. How much for the ride ? It's fourty five. 45$ ! Et bien, elle n'était pas un Jitny mais je crois qu'elle avait un permis pour voler. OK, assez pour aujourd'hui on déménage se mettre à l'abri des vents qui souffleront à 20 noeuds cette nuit.


Jour 67, soleil, nuage 25C
14 décembre 10
Providencial Island, Middle cay, Turk and Caicos

Nous nous sommes fait brasser toute la nuit. Nous étions mal protégés du vent et de la houle. Alors avant même d'avoir déjeuné, on décide de déménager un peu plus loin près d'une marina. On aurait dû faire ça hier.

Bon aujourd'hui ce sera le plein d'eau et de diesel afin de se préparer pour se rendre à South Caicos. Le proprio de la marina est un vrai gentleman, assez que nous restons au quai de service une bonne partie de l'après-midi. On en profite pour aller prendre une grande marche. De retour au mouillage, 2 autres bateaux sont là, signe que notre choix d'ancrage est bon. L'eau est belle et chaude, on fait une petite baignade avec une tournée d'exploration pour voir ce que l'on pourrait trouver. Rien que du beau sable, pas de poissons, pas de conch et surtout pas de requin !


Jour 68, soleil 27C
15 décembre
South Caicos, 40 milles nautiques, voile et moteur,

Nous naviguons toute la journée pour atteindre South Caicos. Sur le banc, l'eau est magnifique, pas la profondeur, Capitaine cardiaque s'abstenir. La carte nous promet une profondeur de 5 pieds minimum sur le trajet proposé. Je voudrais bien connaître le gars qui a tracé cette route ! Le Capitaine passe plus d'une heure et demi, perché en haut du mât à m'indiquer où passer pour éviter les têtes de coraux.

Il faut être continuellement aux aguets. Attention coraux droit devant. Quand nous voyons au sondeur 3.5 pieds, Denis a le souffle coupé. Nous sommes pourtant droit sur la ligne GPS. Il me dit:" Imagine si quelqu'un avait un tirant d'eau de 4 pieds !"

Durant les trois dernières heures, la profondeur atteint parfois 30 pieds bien que la carte en dise 12 à 15 pieds. J'en profite pour sortir ma canne à pêche. Et bien, nous nous croyons au pays des barracudas. J'en prends trois et en échappe deux, dont un qui est parti avec tout le fil de la ligne. Le Capitaine dit que c'est assez. Il en a marre de les décrocher.


Nous arrivons à South Caicos à 17:45 hres, après avoir contourné Long Island. Il fait noir. Il était temps que
l'on arrive. Ce sera un dodo bien mérité.



Jour 69, soleil 23C
16 décembre 10
South Caicos

Ici il ne vive pas du touriste, d'ailleurs, nous sommes les seuls au mouillage. Nous partons pour une visite au village, 1400 habitants. Notre permis de séjour prend fin demain et nous devons le renouveler aujourd'hui. Nous sommes faciles à reconnaître, deux pâles parmi tout ces gens foncés. Tout le monde nous salut, c'est accueillant et rassurant. Les rues sont étroites et les maisons petites. C'est très pauvre même si on a vu quelqu'un se promener en Hummer.

Le bureau du douanier est dans le même édifice que le bureau de poste et celui de la municipalité. Nous devons revenir en après-midi car le douanier est affairé au quai avec un bateau de marchandise provenant de la République Dominicaine. Ici pas de stress, on dîne de 12h30 à 14h00hres . En jasant avec la secrétaire municipale qui n'a absolument rien d'autre à faire que de parler avec nous et le maître de poste, elle nous apprend que l'édifice est l'ancienne prison de l'île et que chaque bureau sont d'anciennes cellules. Nous restons là, à placoter, pendant au moins une heure, aucun téléphone n'a sonné et personne n'est venue. La dame nous dit que ce ne sera pas pareil demain. Demain ça fera la file dehors !! Parce que c'est jour de paye !

Ça fait changement de chez nous mais qui est le plus heureux ? Aucun burn-out et tout le monde sourit. Les enfants se lancent un ballon de football dans la rue pendant que d'autres plus grand, jouent au basketball. Des travailleurs qui ont fini leur journée sont attroupés sur une galerie autour d'une table et joue aux dominos. Et pour la première fois depuis les USA on voit des gens se promener en vélo.

Vraiment ça nous plait.
On finit notre tournée du village à la poissonnerie car ce soir on mangera de la langouste !


Jour 70, soleil 26 C
17 décembre 2010
South Caicos

Ce qui devait être une journée bien ordinaire s'est transformée en journée extraordinaire.Nous étions partis pour un autre " lazy day ", journée en attendant une bonne fenêtre météo pour nous rapprocher de notre but, St-Martin.

Sylvie avait un surplus de sucre à brûler et elle a décrété que nous allions marcher sur Long Island, l'île en face du village. Cette île couverte de cailloux où rien ne pousse à part quelques broussailles, balayé par le vent de la mer, nous a offert une très belle vue panoramique du paysage de l'endroit. Un côté mer et un côté lagon. Un côté bleu et un côté turquoise. Mais le plus beau était sous l'eau. Comme il lui restait encore du sucre a brûlé, Sylvie décida d'enfiler masque, palmes et tuba pour explorer ce coin perdu pendant que je la suivais avec l'annexe. Ce qui va suivre doit rester secret, promis ?

Voilà que Sylvie, nageant à côté de l'annexe, ou plutôt, moi qui suit Sylvie avec l'annexe , découvre un véritable trésor. C'est rempli de conches, au moins une par vingt pieds carré. Impossible d'y résister. Elle en sort trois, pas plus que l'on est capable d'en manger, faut quand même pas gaspiller. Si tous les pêcheurs du Québec aurait fait comme ça, on est pas mal certain que nos lacs regorgeraient encore d'excellentes truites mouchetées. N'oubliez pas, c'est un secret et vous avez promis, chut!
À demain car j'en ai une autre meilleure pour vous.


Jour 71, soleil, venteux 24C
18 décembre 2010
South Caicos

Le vent monte, ça brasse au mouillage. C'est-à-dire, on se fait brasser. L'avant-midi est passé à analyser les sites de météo pour notre prochaine traversée vers les îles vierges. Mais aujourd'hui faudra sûrement bouger car le vent est supposé de forcir et la vague va entrer directement dans l'anse. Le bon côté c'est que si le vent tourne peut-être que l'on aura une possibilité de quitter pour St-Thomas.

C'est presque certain, il y aura une fenêtre météo demain. Alors faut se rendre au village pour leur dire que l'on va partir car ils ne veulent pas que l'on parte sans leur dire, d'ailleurs pour nous laisser partir, ils nous chargent 23$.

Tant qu'à y être, on fait le plein de diesel. Belle surprise, le pompiste parle français. Trois, quatre gars sont là à vaguer à leur activité du week-end...regarder passez les gens. Ils sont curieux de connaître les Canadiens, ils nous aiment et ne veulent pas nous laisser partir. Trop tard, nous nous sommes acquittés des douanes de départ.
Il est midi et demi et on décide d'aller manger au resto du village. Musique des îles à fond, ambiance de vacances, le temps s'arrête. Denis est séduit, c'est exactement ce qu'il est venu chercher dans ses îles, tandis que moi c'est l'eau et les poissons. Tout se trouve réunit ici! Difficile de partir ! D'autres beaux endroits restent à découvrir !

Un bon lunch, quelques bières, on se sent bien. Un gars danse au son de cette musique vivante et rythmer. Imaginer le bonheur! Denis dit : "Quand tu vois un gars danser seul comme cela c'est que le paradis est ici." On adore cet endroit. Nous sommes seuls, pas un touriste et on est bien, mais trop tard, on a payé pour partir...On vous aime South Caicos, coin de paradis, ne le dit surtout pas.


Jours 72, 73, 74, 75,76
19, 20, 21, 22, 23 décembre 10
4 nuits, 5 jours en direction de St-Thomas. 425 milles nautiques.
62 heures de voile, 34 heures de moteur.

Ce matin, ça sent le départ de South Caicos. La fenêtre météo se concrétise. Vous savez notre but est toujours St-Martin mais à partir de St-Thomas on se considère déjà rendu et surtout on se sentira pour la première fois du voyage en vraies vacances.

Alors ça fait deux jours que le vent forcit et tourne lentement. La mer est grosse mais le vent adonne et est sensé diminuer dans les prochains jours tout en restant adonnant, c'est à dire qu'il nous poussera dans la bonne direction. Souhaitons que le météorologue aura vu juste. Pour nous, ce sera notre plus longue traversée qui est devant ! C'est notre Everest à nous.

La crainte se fait silencieuse, tous les deux afférés aux tâches des grandes traversées. Sans se le dire, chacun vit ses craintes dans sa tête.

Ce serait si facile de dire, nous restons. D'autres beaux endroits nous attendent. Aller une petite dose de courage! La mer nous ouvre la porte, elle semble nous laisser passer. Est-ce un piège ? Et s'ils nous arrivaient quelque chose?

Dans ses moments, je me dis : "Vivre ses Rêves. Follow your dreams!" On prend un grand respire et on part. Jusqu'à maintenant ça m'a bien servi.

Je pousse un peu Denis, car lui aimerait bien attendre une journée de plus pour être certain de la météo. Mais si on reste une journée de plus on se fera prendre à l'arrivée avec un vent de face. On n'a plus le choix c'est aujourd'hui ou…

Toujours dans ce silence intense, nous levons l'ancre et prenons la mer.

Il est 14:30h en ce dimanche 19 décembre 2010, vent de 16 nœuds à 19 nœuds Sud Ouest. On négocie la passe de sortie de South Caicos, ouvre les voiles et installe le régulateur d'allure, cap 110*. Ferme le moteur, la magie s'installe. La peur ou la crainte se dissipe et fait place à la joie d'être là filant dans ce silence.

On veille et surveille en même temps s'il n'y aurait pas d'autres bateaux sur notre route, on est jamais trop vigilant. La nuit s'installe avec son lot d'incertitude. La lune semble veiller sur nous. La troisième pleine lune de notre voyage et il y en a encore cinq à venir. La mer brille et m'invite dans mon intérieur. Durant la nuit, le vent forcit, il faudra prendre un ris et ensuite un deuxième ris dans la grande-voile. Le reste de la nuit, on veille en dedans, c'est-à-dire à l'intérieur du bateau, étendu chacun sur notre banquette en sortant la tête à tour de rôle à toutes les vingt minutes pour surveiller.

Malgré ce vent qui forcira jusqu'à 24 noeuds, le Cap Horn garde toujours le cap. Ça nous fait un équipier de plus. De cette façon on n'est pas esclave du bateau et on peut s'afférer à écrire, par exemple.

La première nuit est souvent la pire que nous anticipons. Maintenant nous sommes vraiment partis et après 24 heures, nous avons parcouru 110 milles nautique rien que par la force du vent, merveilleux !

Tantôt vent arrière, tant vent de travers, nous n'avons rien à faire, Dixou roule sa moustache blanche en direction de St-Thomas. Heureusement car Sylvie commence à ne pas bien filer. Mal à la tête, aux oreilles et maux de coeurs. Elle finira par payer son dû à deux reprises par-dessus bord. Me voilà seul pour faire les quarts. Faut que je dorme vite car le réveille sonne à toutes les 20 minutes. La nuit est longue. J'essaie de motiver Sylvie qui dans sa condition, semble atteint d'un profond cafard. Elle n'aime pas rien faire pendant ses longues traversées. Faut que je l'occupe. Pourquoi ne pas sortir ta ligne à pêche ?

Elle finit par se motiver. Une heure après, Yes, une belle dorade de 30 pouces!!!
Ça, sa change les idées et ça tue la monotonie de la traversée. Surtout qu'après que je l'ai dépecée, elle doit laver tout le cockpit..1 heure de travaux forcés pour elle. La journée passe.

Les nuits se succèdent et le vent va en diminuant, assez que dans la nuit du 22 décembre, nous partirons le moteur si on veut finir par arriver avant le 24 déc.

Après trois jours de traversée, Sylvie file mieux et la routine s'est installée, on surveille à tour de rôle pendant la nuit et le jour ça se fait tout seul.

Mais, mais qu'est-ce que c'est ça, ça mord à la ligne de Sylvie, une autre dorade en autant de jours. On en aura trop juste pour nous. Sylvie dit que nous en donnerons des morceaux en cadeaux de Noël aux autres bateaux demain.

Ça commence à sentir la terre et le rhum, le capitaine a hâte de mettre l'ancre et dormir coller/coller sur sa douce. Je crois que l'on va fêter notre arrivée à St-Thomas sur une terrasse quelque part on " callera 3 bloody S.V.P.!!!! " Ça nous rappellera un très bon moment.

Au petit matin du 5ième jour, Denis me demande de sortir dehors. Je m'exécute, mon Capitaine.

Et là, tout mon être vibre, mes yeux sont remplis d'émotions salées...

Terre, terre, je vois l'île de St-Thomas au loin dans une petite brume du levée du jour. Quelle sensation ! Quelle sensation de la voir grandir. Je reste là à m'imprégner de ce moment. Lorsque nous passons sous le vent de l'île St-Thomas. Nous coupons le moteur à nouveau et doucement nous nous laissons glisser sous voile vers Charlotte-Amalie, la ville où nous ferons les douanes. Dixou glisse lentement, tendrement et fier de porter ses navigateurs dans ce décor idyllique.

Oui, la mer nous a laissé passer, merci à toi, si grande et majestueuse !



Nos voeux du temps des Fêtes


Nous sommes à l'ancre à St-Thomas parmi une multitude d'autres voiliers de tout horizon. Sous ce soleil chaud et cette magnifique journée nous pensons à nos amis du Québec qui préparent le réveillon de Noël et aux enfants regardant tous leurs cadeaux sous l'arbre de Noël.

Nous vous souhaitons beaucoup de bon temps, des moments agréables et inoubliables. Nous vous souhaitons de rire à en avoir des crampes dans le ventre. D'oubliés tout, d'être remplis d'une énergie nouvelle apportant la joie de vivre.

Nous désirons que vous soyez heureux comme nous le sommes en ce moment. Pour ce temps de réjouissance, entourez-vous de gens avec qui vous êtes bien, avec qui vous vous sentez bien afin que ces instants restent une source d'énergie renouvelable pour toute l'année 2011.


Denis & Sylvie xxx



Jour 77, Soleil, xxC
24 décembre 2010
Charlotte Amalie

Tout en se cherchant un endroit pour s'ancrer, on remarque un drapeau du Canada sur la poupe d'un des nombreux voiliers. En nous rapprochant de plus près, on voit qu'en plus, il a un autre drapeau sur son hauban bâbord, le fleur de Lys, il n'y a plus de doute, c'est un Québécois comme nous. C'est le voilier
Amirys, nous les connaissons sans jamais les avoir vu ! Nous suivons leur site Internet depuis 2003. Ils nous ont inspiré il y a déjà 6 ans lors de notre voyage aux Bahamas, et nous les rencontrons ici à St-Thomas. Ça prend n'y un n'y deux que nous sommes déjà réunis. Un très beau voilier, solide comme le roc avec sa coque en acier. Équiper pour un tour du monde. Très bonne construction et parfaitement bien entretenu. Michel et Doris en sont les heureux proprios.

Ils nous racontent leurs nombreuses expériences dans la SUD. Ils connaissent le coin par coeur et nous partagent leurs connaissances. On convient d'aller au resto ensemble pour le souper de Noël, Super !




Jour 78,
25 décembre 10
Charlotte Amalie

Au matin, on entend des chants dans la rue. Ce sont des chorales qui chantent des chants de Noël. Il est très tôt, je crois qu'ils ont chanté toute la nuit. Il fait toujours beau et chaud. Nous accompagnons Michel et Doris qui nous font faire une visite de reconnaissance de la ville. Le quai à dinghy, les vidanges, le laundromat, l'épicerie, et l'Internet. C'est un endroit très touristique avec ses nombreux gros bateaux de croisières et les boutiques qui vont avec.

Pour le dîner, Michel nous propose d'aller chez Hooter's, les prix sont raisonnables, il y a Wi-Fi pour l'Internet et les serveuses ! Faut voir la photo avec Alexis. Une charmante jeune fille venue de Minnesota USA, pour travailler quelques mois à la chaleur. Excellent choix Michel dira Denis. L'ambiance est aux vacances, si bien que Michel et Doris retournent à leur bateau pour se préparer pour notre souper de Noël tandis que Sylvie et moi, sans le vouloir, consomme, téléphone, consomme et finissons par s'accrocher les pieds. Un groupe de musiciens joue en bordure de l'allée qui mène vers les restaurants, les gens sont sympa, la bière est bonne, la musique aussi, on succombe aux charmes de l'endroit. Sylvie danse bien sûr et ira jusqu'à jouer du tam-tam.

Si bien que Doris et Michel reviennent pour le souper tout frais, tout propre pendant que nous on a fait les cigales tout l'après-midi. Pardonner nous notre jeunesse. Après tout, c'est Noël!

Le choix du resto pour le repas de Noël est parfait, souper agréable, on échange sur nos vies et nos expériences. Nous, au début de notre voyage et eux commencent à penser passer à autre chose. Ce sont les étapes de la vie.





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