Le grand voyage du petit Dixou


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Février, suite 1

RÉCITS





Février 2011, suite 1
Le sud...





Jour 128, nuages 25C,
13 février 2011
Baie de Grand-Case

Aujourd'hui exploration terrestre de Grand Case. Un quai public invite les annexes à venir faire un tour chez eux. C'est gentil ! Sur la rue qui borde la mer, il y a beaucoup de restaurants pour tous les goûts, plusieurs boutiques souvenirs. Les gens sont accueillants et nous y sentons un air des îles. Au bout d'une petite rue transversale, nous découvrons la boulangerie. Avec cette accès facile pour le pain, je vais perdre la main de faire le nôtre.

Sur la plage, les enfants s'amusent à glisser sur le sable. Ils n'ont pas besoin de neige pour faire ça. Les enfants se sont déjà adaptés au réchauffement de la planète! Un peu plus loin, nous sommes impressionnés par un moulin à sel du temps jadis qui nous apprend qu'ici il y avait une usine de sel.

En fin d'après midi, nous voyons arrivée dans la baie un voilier ancien. En le regardant, nous remontons dans le temps, là où la navigation était bien différente d'aujourd'hui.


Jour 129, soleil-nuages 25C
14 février 2011
Grand Case

L'objectif aujourd'hui est la baignade, la relaxation et farniente. Commençons par la baignade. Nous allons avec l'annexe au rocher Créole pour faire de la plongée en apnée. C'est tellement beau que nous y retournons en après-midi. Les poissons sont nombreux et nous prenons un plaisir fou à nager avec eux. Ensuite, nous relaxons avec un bon livre et la farniente c'est une petite sieste entre deux chapitres. C'est la St- Valentin aujourd'hui, fête de l'amour. Pour être sincère, c'est la St-Valentin tous les jours quand on est en voyage avec son chum. La vie est belle ! Merci la vie !


Jour 130, soleil-nuages 25C
15 février 2011
Grand Case

En avant-midi, Denis donne un coup de main mécanique à Gilles du voilier Chadani, moi je poursuis ma lecture captivante, sans oublier les petites saucettes à toutes les 1/2 heures, car il fait très chaud. Ce soir, nous soupons au resto Calmos café en compagnie de Nicole et Gilles. La soirée se termine au son de la musique de la rue de Grand Case. Car le mardi, ici, c'est la fête. Artisanats, artistes peintres, cuisine local, tout y est. La rue est fermée à la circulation automobile et s'animent des gens qui s'amusent. Que dire du groupe de musiciens locaux, ces hommes aux cheveux blancs passionnés par leur musique qui nous démontrent que la musique n'a pas d'âge. Quelques minutes plus tard, tambours et trompettes rythmés, des filles qui dansent, c'est une mini parade où tous sont vêtus de rouge.

Cendrillon et son prince retournent à leur carrosse flottant avant minuit emportant avec eux les plaisirs des îles.

Du voilier, la fête du village s'entend encore. Et on s'endort ou on veille au son de la musique.

Et bien, les mardis de Grand Case, c'est festif !


Jour 131, soleil 28C
16 février 2011
Baie de Marigot

7h00, au réveil, Denis me dit que nous allons visiter quelque chose ce matin à 9h00. Ha oui ? Et c'est quoi ? Après quelques minute à me faire languir, Denis me dit qu'hier soir, à la fête, il a rencontré le capitaine du voilier ancien " Tres Hombres " qui est arrivé dans la baie il y a deux jours. Belle rencontre que je lui dis. Je passe par la boulangerie pour apporter des baguettes fraîches à l'équipage. Ils sont seulement 10. Ça fait toujours plaisir du pain frais.

Comme c'est impressionnant de monter à bord d'un voilier de chargement brigantin de 32 mètres. Nous apprenons qu'il a été construit en 1943 et que sa mission des temps modernes est de faire du transport équitable, durable, sans émission de CO2. Avec l'équipement original, sans moteur, la vie à bord est comme il y a 100 ans. Sauf pour la navigation qui est moderne. www.svtreshombres.com. Le Capitaine Andreas, un Autrichien de 34 ans, est fière de son voilier et sa passion accompagne la visite dans les moindres recoins de cet immense bateau. Denis se délecte et pause de nombreuses questions. Dès les premières minutes, je sens la chimie s'installer entre nous. Merci Andreas, pour ton intensité. Bon route, bon vent à TRES HOMBRES et son équipage.

Après ces quelques jours ancrés dans la baie de Grand Case, nous sentons le vent du large monter en nous, à moins que ce soit la bougeotte qui me prend. Et si nous descendions dans le Sud du Sud. Nous sortons la carte. St-Kitts, Névis, Montserrat, Guadeloupe, les Saintes, Antigua, Barbuda. Bon ok, pour ce trajet, nous aurons besoin de faire quelques emplettes ainsi que du propane et bien sûr les chers formalités de sorties. Go à Marigot et sur ses mots nous levons l'ancre.


Jour 132, soleil 25C
17 février 2011,
Grand Case

8h30, Denis est déjà dans l'annexe pour aller porter la bombonne de propane pour son remplissage mensuel. Ici c'est seulement le jeudi qu'ils font le plein. Le reste de la journée, l'épicerie, quelques articles pour l'entretien du voilier chez Budget Marine. Comme nous nous déplaçons en annexe avec notre petit moteur 4 forces et toutes ses allées et retours, nous y passons toute la journée. Sans oublier bien sûr les très chers formalités de sortie. Dans les îles, il faut toujours passer leur dire bonjour avant de quitter. Bon, enfin tout se passe bien à la Marina Port la Royale, les gars sont très sympathiques. Un petit détour chez le barbier car Denis à le goût d'un nouveau look. Bien réussi monsieur le coiffeur, et si moi aussi. pourquoi pas, un barbier, ça coupe aussi les cheveux aux femmes des fois!

À 16h00, nous repartons pour la baie de Grand Case où nous dormirons cette nuit. En regardant la pleine lune ce levée, je me dis, tient voici la cinquième pleine lune de notre voyage. Il y en a plus derrière qu'il n'en reste à venir. La vie passe vite!

En soirée, Denis fait la navigation pour demain, qui sera l'anse Colombier à St-Bart.


Jour 133, Soleil, 29C
18 février 2011,
Grand-Case à Anse Colombier (St-Barth)

Ce matin, début d'un séjour qui nous amènera plus au sud. Une petite navigation voile et moteur pour nous rendre à anse Colombier. Ainsi nous serons positionnés demain pour atteindre l'île de St-Kitts.

En chemin, je mets sur papier notre séjour, en y ajoutant les jours de visite. Oups ! Il y en a du chemin à faire et pas question de laisser de côté le côté terrestre du séjour. Il faut choisir, consulter les priorités de chacun et décider du meilleur pour nous. Nous optons pour arrêter à moins d'endroit et privilégier le temps pour savourer où nous poserons les pieds. De plus, nous voulons laisser de la place pour les opportunités du moment et bien sûr s'arrimer avec Dame nature.

Nous arrivons au mouillage à 13h30. Je prépare un pique-nique que nous allons manger le long du sentier colombier. Comme se sentier est beau avec ses vues à couper le souffle sur la mer.

De retour, nous apprécions la baignade et en profitons pour faire un peu de nettoyage à la coque de Dixou.

Souper et nous veillons avec la lune.


Jour 134, soleil, 27C
18 février 2011,
St-Barth à St-kitts, 45 milles nautiques

Nous levons l'ancre à 8h00 pour atteindre l'île de St-Kitts. Pour nous, c'est une nouvelle destination à l'intérieur de notre voyage. Pourquoi pas !

Le vent est faible (8 noeuds) de l'Est, ce qui nous oblige à faire le trajet voile et moteur. Quand il faut, il faut. Aussitôt que nous sommes dans les eaux où je peux pêcher, je déroule la corde en espérant toujours prendre du poisson. Je me dis, aujourd'hui sera la bonne et confiante je pense que nous mangerons de la dorade pour souper.

Et vlan ! Ça mord! Mais ça tire beaucoup. J'espère que ce n'est pas un barracuda. Je roule, roule de toutes mes forces. À son tour le poisson lui déroule plusieurs pieds. Mais, il va casser la corde ! Prend ton temps ma Sylvie, il va se fatiguer. Ça saute hors de l'eau, ça y est une dorade (mahi-mahi) j'en suis sûr ! Yes! Yes!

Après plus de 20 minutes de bataille, une belle dorade de 43 ½ pouces, environ 20 livres ou si vous préférez, 9 Kilos est à bord de Dixou. C'est la fête! Je remets la ligne à l'eau et ça mord encore. Un thon ! Et ça mord encore, un deuxième thon, et ça mord encore, un troisième thon. C'est notre jour de chance. Avec la dorade et trois thons, notre frigo déborde et je range la canne à pêche.

Nous arrivons à St-Kitts vers 17h00. Son pique le plus haut est dans un nuage, un gros cumulus blanc neige. L'île a l'air de sortir de nulle part. Nous avons le temps pour aller faire les formalités d'entrée. Au retour, nous offrons de la dorade à un catamaran Polonais qui accepte avec grand plaisir. Après le souper, Denis va faire une même offre à un voilier Français qui à la même réaction. Ça nous rend heureux de faire plaisir. Le bonheur attire le bonheur


Jour 135, soleil 28C
19 février 2011,
St-Kitts

Réveil à 6h00 et nous sautons dans l'annexe pour les formalités d'immigration. Car hier, seulement la personne des douanes était présente. Nous devons être là avant les trois bateaux de croisière qui arrivent aujourd'hui. Welcome Touriste! Ils sont prêts pour les recevoir. La sécurité est renforcée et les portes des magasins commencent déjà à s'ouvrir Venez, venez chers touristes.

Mais nous, nous ne sommes pas des touristes, une petite différence, je nous considère comme des voyageurs. Pour moi, la vraie vie des habitants des îles ne se trouve pas près des ports. Ici, les ports sont artificiels, ils appartiennent à des riches compagnies. Bon assez philosophé là-dessus ! Comme j'apprécie voyager avec Dixou. Je nous trouve choyés.

Notre plan terrestre à St-kitts, c'est d'aller au nord-ouest de l'île pour visiter le parc national de la forteresse de Brimstone hill.

Après avoir réussi à franchir la zone touriste, non sans harcèlement, nous prenons le bus des citoyens de la place. Pour 3$ dollars au lieu de 50$ en taxi. C'est aussi là, la différence.

Bon nous arrivons à la forteresse. Reconnu site d'héritage mondial par l'UNESCO, son histoire me fascine et m'attriste en même temps. Pour faire bref, le début de sa construction à été en 1690 pour se poursuivre sur plus de cent ans, entrecoupé de guerres bien sûr. Ce chef-d'œuvre pensé par des architectes anglais a pu être réalisé grâce aux milliers d'esclaves importés d'Afrique. J'en ai froid dans le dos ! Quand, j'y réfléchis, la guerre c'est l'histoire de l'humanité. Ça me rend triste. La guerre, ça enrichit les riches et fait souffrir et mourir des pauvres innocents.


Jour 136, nuages-pluie-soleil, 27C
21 février
St-Kitts à Névis


Ce matin, nous continuons notre visite de la ville de Basse Terre à St-Kitts. Nous cherchons les attraits touristiques et apprécions l'architecture des bâtiments. Après les formalités de sorties et un billet d'entrée en poche pour Névis, nous levons l'ancre et ouvrons les voiles pour une navigation de 12 milles nautiques. Toujours aussi agréable de voguer sur cette mer. Nous rencontrons un magnifique voilier.

Dès notre arrivée à Névis, vers 16 heure, nous sautons dans l'annexe pour trouver de l'information afin de gravir la montagne. Rapidement, un homme nous renseigne et nous avons un rendez-vous pour demain matin à 7h30. Prenons aussi toutes les informations pour l'autobus de la place.

Nous nous délectons du thon pour le souper sous un coucher de soleil et nous prenons un digestif assis à l'avant du voilier à apprécier ce moment sous les étoiles.

" As-tu besoin d'un 5 étoiles quand t'en as 5 milliards dans le ciel. " du chanteur- compositeur Québécois, Richard Desjardins.


Jour 137, nuages pluie.
22 février 2011,
Névis

Le réveil sonne à 5h30. Et dire que nous sommes en vacance ! Après s'être rendus en annexe au quai, on attrape de justesse l'autobus, et comme convenu, à 7h30, nous rencontrons notre guide ou plutôt nos guides : Collins 26 ans et Devito 18 ans. Nous sommes près pour monter la montagne. Et ça monte. Et ça monte. Des cordes sont installées pour nous aider à grinmper. La pente s'accentue. Mais ça ressemble à de plus en plus à de l'escalade ! My good ! Je pense comment je vais faire pour redescendre, moi qui a le vertige. Après 2h00 d'ascension, nous touchons le sommet de Nevis Peak de 3232 pieds ou encore 1000 mètres. Quelle vue? Rien, nous sommes dans les nuages.

Notre montée est immortalisée par la photo traditionnelle et aussi nous signons nos noms dans le carnet de randonneurs et laissons aussi la carte de visite de Dixou dans ce grand coffre à l'abri des intempéries.

Maintenant la descente. Ça c'est une autre affaire pour moi. Comme il a plu ce matin, le sentier est boueux et nous devons faire très attention pour ne pas glisser. À quelques reprises, j'ai ma dose de peur.

Comme j'apprécie cette randonnée en montagne. Les odeurs, la luminosité de cette forêt luxuriante, ses arbres gigantestes et la cerise sur la Sunday, les singes qui viennent nous dire bonjour entre les branches.

De retour au port, nous constatons que la houle est très grosse et vient se fracasser sur notre annexe. Elle se fait tellement malmener sur le quai et qu'elle s'est remplie d'eau, un aviron est cassé et la corde longeant le coté tribord s'est cassée.

Nous quittons le quai de peur et non sans peine. Finalement, nous arrivons au voilier. Nous prenons une petite bouchée et en après-midi, c'est le nettoyage des souliers et vêtement de marche.

Une belle journée, merci la vie.


Jour 138, soleil 26 C
23 février 2011,
Départ 16h30 de Névis - arrivée 8:30hres en Guadeloupe,

Ce matin, la mer est encore agitée en avant-midi et nous restons à bord. La madame est contente car elle est courbaturée de la randonnée d'hier. Mon genou gauche tire de la patte.

Vers 11h00, nous partons pour faire les formalités d'entrée et de sorties pour Névis. Le douanier est très sympathique et aimable, comme tous les gens que nous avons rencontrés ici. Une petite marche dans les rues à se remplir les yeux des arbres tout en fleur.

À 16h30, nous levons l'ancre et mettons le cap sur la Guadeloupe. Dixou file sous voile au près serré. Le jour tombe, la nuit s'installe, les étoiles jouent à la cachette avec les nuages pommelés. J'apprécie cette couleur bleu nuit. Vers minuit, la lune se sort le bout du croissant. Le régulateur d'allure du cap Horne suit le vent, Dixou tient le cap, Denis et moi, à tour de rôle, prenons nos quarts toutes les heures.



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