Le grand voyage du petit Dixou


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Février, suite 2

RÉCITS





Février 2011, suite 2
Le sud...





Jour 139, soliel 26 C
24 février 2011,
Deshaies, Guadeloupe

Au petit jour, la majestueuse Guadeloupe nous ouvre ses bras. À 8h30, nous ancrons dans la baie tranquille de Deshaies. Avec cette nuit en mer, l'équipage à besoin de dormir.

À 11hres, nous sommes maintenant en forme pour les formalités. Aller up, l'annexe à l'eau et up les marins dedans pour rejoindre le rivage, nous passons un mignon petit pont.

Les douanes se font par informatique à la boutique de souvenirs Le Pélican. Simple et convivial comme nous aimons. Le village de Deshaies est pitoresque et paisible, tous les gens nous saluent et semblent réellement heureux d'avoir de la visite chez eux. En nous promenant sur la rue, surprise, nous croisons l'équipage du
voilier Sea Kite rencontré à Beaufort et vitement revu dans les îles Vierges Britanniques. Quelques heures après, nous voilà à bord de Sea Kite pour l'apéro du soir. Les propios, Brigitte et Michel aiment savourer la vie comme nous. Heureux retraités à bord de leur voilier, il partage cette semaine avec un couple d'ami, venant du Connecticut, connu lors d'un précédent voyage. Tous ensembles, dans la langue de Shakespeare, nous parlons du vaste monde de la voile et des voyages.


Jour 140, nuages et vent
25 février 2011,
Deshaies, Guadeloupe

La nuit dernière, il y a eu beaucoup de vent et ce matin, il souffle toujours autant. Des rafales à 33 noeuds. Nous sommes aux aguets afin que Dixou ne chasse pas et aussi que les autres voiliers ne chassent pas vers nous.

Ces temps-ci, notre annexe vit des moments bouleversants. Après l'épisode de la grosse vague à Névis, voici que ce matin, elle fait un capotage arrière. Et oui, Denis qui est dans le cockpit, me lance un cri de venir. Au ton qu'il emprunte, ça presse. L'annexe est à l'envers, son pied de moteur dans les airs. My God, et le vent souffle à 30 noeuds. En quelques secondes, dans un geste de force, nous remettons notre annexe à l'endroit. Ouf ! mais le moteur lui comment va-t-il ? My God, mais ce sont nos scandales qui flottent là-bas ! Ni un, ni deux, rapidement, je mets mes palmes qui sont déjà sorties et saute à l'eau pour récupérer nos sandales. Le vent toujours à 30 noeuds. Ok la première sandale, j'entre sa ganse dans mon bras gauche, je poursuis ma nage vers la deuxmième et troisième. Mais où est la quatrième ? Je crie à Denis qui me la pointe avec son bras. Ouf ça commence à être loin. J'estime la distance, ok c'est bon pour un dernier effort. Ça y est, j'ai les quatre sandales enfilées dans mon bras gauche. Pour le retour, le vent et la vague dans la face, Denis voit que j'ai de la difficulté. Il ne peut pas venir en annexe puisqu'il ne reste seulement qu'une rame, elle s'est cassée il y a deux jours. Pour reprendre mes forces, je nage sur le dos et cela rassure Denis. Quelques minutes plus tard, je m'accroche au voilier et reprend mon souffle. Ok pour les sandales. Mais le moteur lui ? Dès que je suis à bord, Denis se met à scruter le moteur, essuye l'eau salée, nettoye la bougie, assèche le carburateur, change l'huile, etc... Une heure plus tard, le moteur ronronne à nouveau, nous sommes sauvés ! Car l'annexe est indispensable pour nous.

En après-midi, nous empruntons le transport collectif pour aller visiter la Cascade aux Écrevisses. Entre deux transports, nous rencontrons Roland qui nous renseigne sur le fonctionnement du transport par autobus. Roland loue des studios ici à Pointe Noir.

La Cascade aux Écrevisses se trouve dans le parc national. Je savoure la baignade en eau douce, comme ça fait longtemps que je ne me suis pas baignée dans de l'eau douce, je l'apprécie beaucoup et aussi toute cette forêt aux immenses arbres avec ses chants d'oiseaux.

Ce soir à Deshaies, c'est le défilé Carnavalesque. Trois groupes défilent. Musique, costumes et rythmes des îles, les gens paradent pendant plus de deux heures. Ils en ont de l'énergie ! Nous apprenons qu'ils existent environ 50 groupes différents à travers la Guadeloupe et qu'il y a des compétitions de parade entre les villages et mêmes les autres îles.

Quelle belle journée !



Jour 141, Nuages 27C
26 février 2011,
Dehaies, Guadeloupe

Notre matin débute avec l'arrivée d'Harold à 7h30, qui nous livre à bord, la baguette de pain frais du jour. En effet, Harold, un jeune Français, offre ce service à tous les bateaux de la baie. Bonne initiative !

L'avant-midi est consacré à l'entretien du voilier et à l'informatique. Ainsi, mon genou pourra se reposer.

L'après-midi, nous allons visiter le Musée du Rhum à Ste-Rose. Léger comme visite et aussi comme goût. Disons que pour détrôner le choix numéro un du Capitaine pour le rhum, quelqu'un va devoir se lever de bonne heure.

À notre retour, nous sommes surpris par une activité cycliste. Pour moi qui adore le vélo, j'apprécie échanger avec les ravitailleurs. Une bonne soixantaine de compétiteurs sont ici pour rouler un 65 kilomètres en circuit. Nous nous croyons au Tour de France avec les voitures des commanditaires du peloton de tête.

Pour l'apéro d'aujourd'hui, nous sommes invités sur un voilier Ovni de 39 par Daniel et Suzanne du Québec que nous avons rencontrés hier au village. Ils ont loué ce voilier pour trois mois.

De
retour à bord de Dixou, Denis et moi discutons de notre itinéraire des prochains jours et de notre retour sur St-Martin pour le 3 mars. Comme nous voulons faire de la belle voile et avoir du temps pour apprécier les endroits, nous optons pour faire un saut aux Saintes et décidons de ne pas se rendre à Antigua et Barbuda. Déchirant comme choix, mais c'est ça voyager. Nous reviendrons sur St-Martin directement des Saintes c'est-à-dire environ 36 heures de navigation continu avec un cap de 325* qui donnera à Dixou une allure de près bon plein. Ça devrait bien aller.






Jour 142, Soleil 28C
27 février 2011,
Deshaies aux Saintes

Et voilà l'ancre est levée et Dixou file sous voile en longeant la côte Ouest de la Guadeloupe. Comme elle est belle, comme elle est grande, comme elle est verdoyante l'île de la Guadeloupe. Je suis sous le charme.

Nous qui pensions faire de la belle voile, nous déchantons assez vite. Le vent diminue, tourne, détourne, augmente. Le vent passe de 7 à 27 noeuds en moins de 2 minutes. Nous constatons que la côte apporte des vents catabatiques, pour ne pas dire, des vents catastrophiques, des vents qui changent à tout instant. À un moment, nous avons même pensé faire demi tour et mettre le cap sur St-Martin. Bon, nous nous sommes dits que dans deux heures nous y serons aux Saintes.

Quand Dixou arrive dans la partie atlantique, entre les deux îles, ce fort vent de travers nous brasse la cage. Trop près du but pour reculer. Ha la chère météo !

Nous choisissons d'ancrer au Pain de Sucre pour son air sauvage et ses coraux à voir. Oups c'est rouleur. Les 30 noeuds de vent que nous avons montent la houle jusqu'ici. Nous pensons que c'est mieux ailleurs et déplaçons Dixou. Mais finalement, après une heure de promenade avec des vents soutenus à plus de 25 noeuds, nous revenons au point de départ.

Dans la nuit, le catamaran ancré en avant de nous chasse et vient cogner doucement Dixou. Notre sommeil n'est pas trop déranger car avec ce roulis, nous ne dormions pas vraiment. Dixou n'a aucun dommage. Maintenant essayons de trouver le sommeil. Et ça roule, et ça roule. Pis roule sur un bord, pis roule sur l'autre bord.






Jour 143, 27C Nuages et Soleil
28 février 2011,
Les Saintes.

Ce matin, nous réussissons à se faire un café, tout un exploit avec Dixou qui tangue et roule dans tous les sens. Nous nous déplaçons vers le petit village. À son approche, déjà il semble pittoresque avec toutes ses petites maisons aux toits rouges. En y pausant les pieds, un coup de coeur réciproque pour Denis et moi. Sa rue piétonnière, ses couleurs vives, le carrelé typique à la Guadeloupe danse à travers les maisons. Les scooteurs remplacent toutes les voitures.

J'aimerais bien aller au Fort de Napoléon pour y voir la vue de l'archipel des Saintes mais je préfère épargner cela à mon genou. Marcher sur le plat sera assez. Même tranquillement, nous avons vite fait le tour et décidons d'aller manger au resto. Sur les bons conseils d'une gentille dame, nous entrons chez Tikaz'la

La vue sur la mer, le murmure de la vague, le soleil du midi donnant une couleur émeraude à cette mer. Un décor de carte postale, une ambiance de conte de fée.

Nos regards se croisent et veulent tout dire.

Oui célébrons ! Célébrons le point culminant de notre voyage. Notre Sud du Sud à nous.

Tout au long du repas, des silences qui chantent le bonheur, des yeux qui s'instillent de joie, des rires qui en disent long sur nos moments plus difficiles, des émotions qui sortent et coulent en larmes d'amour. Nous sommes fiers d'être là.

Madame, une deuxième bouteille s'il vous plait. Oui, nous célébrons.

La serveuse, le chef Philippe, nos voisines de table semblent bien intrigués par notre plein de bonheur. Au dessert, il est maintenant temps de leur raconter. Rapidement les deux tables se collent et le chef arrive. Partage ton bonheur et il grandira !

Le tissage de l'amitié fait son oeuvre. Véronique et Anne, des Française, nous font visiter l'endroit où il loge, on ne sait jamais, peut-être reviendrons-nous ? Et à notre tour, nous les invitons à bord.

Merci la Vie !




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