Le grand voyage du petit Dixou


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Janvier, suite 1

RÉCITS





Janvier 2011, suite 1
Le sud...





Jours 97, nuages, 24C
13 janvier 2011
Norman Island à Peter Island
5 milles nautique

Aujourd'hui nous quittons Norman Island pour se rendre à Peter Island ce qui nous rapproche de l'île Virgin Gorda afin d'y faire nos douanes de sortie et d'être en position pour traverser à St-Martin.

Le mouillage y est rouleur et Denis installe une deuxième ancre pour maintenir Dixou dans l'axe de la vague. Il y a aussi sur la rive, une usine de désalinisation d'eau qui nous ronronne dans les oreilles. Ce n'est pas notre meilleur ancrage disons. Mais bon ça ira pour cette nuit. En après midi, Patrick partage son savoir concernant la navigation au sextant avec Denis. Toute une science ! Les premier navigateurs ont toute notre admiration.


Jour 98, soleil, 26C
14 janvier 2011
Peter Island à Spanis Town Virgin Gorda,
12 milles nautiques

Ce matin, c'est un grand jour pour moi. Patrick plongeur expérimenté, m'amène voir les fonds marin au bout de la pointe. Il y a plus de 2 ans que je n'ai pas plongé avec bonbonne. La veille, j'avais révisé la théorie. Denis nous accompagne et sera notre chauffeur d'annexe et surveillant. Quelle sensation pour moi de me retrouver sous l'eau Je jubile à flotter entre deux eaux, à me faire bercer par la vague. Je me sens partie intégrante de ce décor sous-marin, je suis au même tempo que les poissons. Pour moi, un moment coup de cœur depuis le début du voyage. Merci Patrick, je me suis sentie en confiance avec toi.

Bon assez barboté dans l'eau car il faut lever l'ancre pour une petite journée de voile de 12 milles nautiques. J'en profite toujours pour dérouler une ligne à pêche. Juste au cas où ! En passant entre les îles de Salt island et Cooper island, ça mord ! Toujours très excitant ces moments, ça met du piquant à bord. Je roule, je roule, ça tire fort. Mais c'est encore un barracuda de merde. Ce poisson qui ne se mange pas. Denis le décroche et je remets la ligne à l'eau. Il doit bien y avoir d'autres sortes de poissons dans toute cette étendue d'eau. Quelques minutes plus tard, ça mord de nouveau. J'espère que ce n'est pas un autre barracuda. Mais non. C'est un poisson très long qui ressemble à un poisson trompette. Après vérification dans le livre des poissons, c'est un houndfish qui est comestible. Alors aussitôt j'appelle avec la radio VHF, Patrick du catamaran SDF et lui dit de sortir les ingrédients nécessaires pour sa soupe au poisson car je viens de pêcher l'élément principal.

Les Français sont de parole et même plus. Dès que nous sommes arrivés, Patrick et Renée partagent leur savoir avec Denis àbord de Dixou. Nous salivons juste à l'odeur et nos papilles sont grandement satisfaites à la première cuillère. Une autre belle découverte culinaire.


Jour 99, Soleil-nuages 26C
15, janvier 11
Spanich Town, BVI à St-Martin
Traversée de 82 milles nautiques

Après avoir passé les douanes de sortie, la matinée est consacrée à la préparation de la prochaine navigation qui durera environ 16 heures en mer.

À midi, c'est dans le sillon du
catamaran SDF, le moteur ronronnant, que Dixou fait un cap de 110 degré avec dans sa mire St-Martin. île de St-Martin c'est le but de notre voyage et elle est maintenant là devant l'étrave.

Les premières heures nous secouent avec ce vent de 16 nœuds dans le nez et sa vague qui l'accompagne. Au coucher du soleil, la mer se calme et devient plus confortable. La lune crée une douceur sur la mer qui pénètre en moi. La nuit est belle.

Pour faciliter cette traversée dans la nuit, Patrick nous propose une veille partagée, c'est-à-dire, l'équipage de Dixou fait une vigie aux heures et la demi de l'heure tandis que SDF fera une vigie aux quarts et aux trois quarts de l'heure. Ainsi notre environnement est surveillé toutes les 15 minutes et permet un certain répit pour les navigateurs. Nous filons bien, si bien que nous devons ralentir le moteur afin d'arrivée à la levée du jour à St-Matin.

À mon dernier quart, l'île de St-Martin sort de la nuit et moi j'entre à l'intérieur de moi-même. Je revois notre trajet depuis le 9 octobre dernier : Lac Champlain, Rivière Hudson, New York, la Côte Est Américaine, les Bahamas, les îles Turck and Caicos, les îles Vierges Américaines, les îles Vierges Britanniques et sous mes yeux l'île de St-Martin. Je revois nos bouts difficiles, nos questionnements, nos peurs, nos rencontres, nos joies. Un sentiment de bonheur et d'accomplissement m'envahie. Debout à la
barre de notre petit Dixou, je prends conscience que notre Rêve arrive à sa destination.

L'arrivée est faite, maintenant la découverte !

Merci la Vie!


Jour 100, Soleil - 25C
16 janvier 11
Baie de Marigot, St-Martin

L'île de St-Martin est partagée entre la France, (Saint Martin, 30 000 habitants) et les Pays-Bas, (Sint-Maarten, 31 000 habitants). Par la terre, la frontière existe, mais on la franchit sans même s'en apercevoir. Ce qui est bien différent par la mer, où nous avons à faire les formalités dès que nous traversons la frontière par l'eau. Elles doivent être effectuées à l'entrée comme au départ. Ce qui demande du temps et de la patience de notre part. Bon la loi, c'est la loi. Mais quand même !

Comme il est suggéré dans le guide, nous ancrons dans la baie de Marigot, la ville principale de Saint-Martin et allons directement au bureau des douanes. Par la suite, Denis donne un coup de main à Patrick pour arranger la dorade. Durant les prochains jours, cette dorade nourrira les deux équipages. La mer est généreuse...aussi Patrick et Renée la partage avec nous.



Jour 101, soleil et nuage 25C
17 janvier 2011
Baie de Marigot, St-Martin

Aujourd'hui visite du Fort Louis construit au XVlll, dominant la ville de Marigot. Du haut de ses ruines, une belle vue de la baie nous attend. Nous marchons dans les rues de la ville où l'animation et la circulation sont denses. Bien agréable d'entendre parler Français et de voir les petits café, les bistros, les pâtisseries.


Jour 102, Soleil 27C
18 janvier 2011
Baie de Marigot, St-Martin

Histoire de filles aujourd'hui. Renée et moi partons à vélo. Oui, oui à vélo. Nos amis du catamaran S.D.F. possèdent des vélos à bord et Patrick se sacrifie en me laissant aller avec Renée. Quelle générosité! Il s'occupera de divertir Denis pendant ce temps-là! Nous partons vers le sud et longeons la mer jusqu'à la pointe Plum et revenons par le coté Hollandais. La circulation est intense, mais aussitôt sortie de Marigot, nous empruntons des routes plus paisibles. Disons qu'en moins de 20 km, nous traversons deux mondes. Le premier, avec des maisons collées les unes sur les autres et où les poules nous coupent le chemin. Et un deuxième, où du haut de la colline, d'immenses demeures se laissent à peine voir à travers les hautes clôtures. Quel contraste ! De retour pour le dîner, nous arrêtons à la boulangerie pour y prendre des sandwichs que nous mangerons avec nos hommes au bateau. Comme c'est agréable de découvrir l'île à vélo, nous pouvons aller plus loin dans la découverte. À mon retour, je dis à Denis, je veux un vélo et il me répond : mais où va-t-on le mettre ma Sylvie !


Jour 103, Soleil 25C
19 janvier 11
Baie de Marigot, St-Martin

À nouveau sur nos montures, dès 9h00, Renée et moi repartons à la découverte de l'île. Direction le nord. La circulation est aussi intense de ce côté et les chemins tranquilles ne sont pas nombreux. Nous trouvons sur notre gauche, la route pour le village Colombien. Rapidement nous allons jusqu'au bout et devons revenir sur nos pas. En voyant l'enseigne Pic Paradis, nous nous disons pourquoi pas et nous empruntons cette route. Pour atteindre Pic Paradis, nous décidons de laisser nos vélos bien attachés en chemin tout près de l'entrée d'une ferme (Loterie Farm). Comme nous montons, une voiture s'arrête et nous déconseille de laisser nos vélos là. Le jeune homme à la tête honnête nous propose de les amener à la Loterie Farm. Nous décidons de lui faire confiance, Renée lui donne le numéro du cadenas et nous poursuivons notre route.

Notre longue montée est grandement récompensée par le magnifique point de vue de l'ensemble de l'ile avec bien sûr, la mer mais aussi les hautes montagnes. Sur notre retour, nous retrouvons les vélos à la Farm et en profitons pour prendre un rafraichissement bien mérité. Nous découvrons que cette ferme est aussi l'endroit où il y a un circuit d'arbre en arbre qui semble des plus amusants. Avis aux intéressés ! Non merci pour moi qui a le vertige facile. En jasant avec un gars sur le terrain, il nous conseille de prendre un chemin au bout de la terre qui débouche à Colombier directement sans passer par la route achalandée. Nous acceptons ce conseil et nous voilà à faire du vélo de montagne avec nos vélos de bateau.


Jour 104, soleil et nuages, 24C
20 janvier 11
Marigot, St-Martin

Petit train train quotidien des terminaisons en " âge ", (ménage, lavage etc.) Car faut bien que ça se fasse aussi. Je trouve un endroit pour faire le lavage. Ici cela s'appelle une laverie. Bonne nouvelle, la dame offre le service cinq étoiles. Ce qui veut dire qu'elle s'occupe de tout. Je laisse ma poche de linge et reviens le lendemain récupérer le tout bien propre et bien plier moyennent un léger coût de 12$ pour 5 kilos de linge. J'accepte volontiers et trouverai mieux à faire.

Ce soir, dernier souper à partager avec nos amis Renée et Patrck. Demain, ils lèveront l'ancre pour poursuivre leur tour du monde. Denis et moi mettons une pincée du Québec en cuisinant un pouding chômeur au sirop d'érable. Une autre soirée bien agréable avec ses Français à refaire le monde. Une grande amitié s'est installée entre nous.



Jour 105, Soleil 25C
21 janvier 11
Marigot, St-Martin

Comme tous les matins, avant de faire quoi que se soit, je sors et debout dans le cockpit, je salue le soleil du matin. Mon regard se porte sur l'arrière de Dixou où je vois le
Catamaran Saltimbanques des Flots, S.D.F. c'est aujourd'hui que nos routes se séparent.

Quelques minutes plus tard, l'équipage de S.D.F. est à bord pour les derniers câlins et bisous. Une rencontre qui marquera notre voyage et nos vies. Au gré des vents et des rencontres tu disais Renée. Nous vous attendrons au Québec, je suis confiante que notre amitié nous réunira à nouveau. Chacun de nous tente de faire diversion, pour ne pas faire couler les larmes. Et puis je craque, Renée suit, Denis se laisse aller et Patrick lui, réussit à sauver la situation en disant : Allez pas de soucis, on se reverra. Et les voilà repartis, déjà leur l'ancre est levée. Patrick en passant très prés de nous, fait entendre la corne.

Personnes ne parle, les regards en disent long. L'émotion est dans l'air salin.

Vivre intensément, c'est parfois difficile à vivre !



Jour 106, soleil 26C
22 janvier 11
Marigot, St-Martin.

Aujourd'hui, grosse journée. Nous allons faire l'épicerie car notre cousin Luc et sa blonde Josée arriveront demain. Nous avons bien hâte de les voir.

Suite aux précieux conseils de Pierre du bateau Saphir qui est ici depuis plusieurs années, nous décidons de prendre le bus et d'aller faire l'épicerie au Cost-U-Less situé à Philipsburg du côté Hollandais à environ 15 km. Nous devons limiter nos achats car il faut être capable de revenir au voilier avec le tout dans nos bras. Finalement, nous décidons de faire deux voyages, l'un en avant-midi et l'autre en début d'après-midi.

Entre les deux voyages, nous dînons au voilier. Et nous voilà repartis. Nous prenons le bus juste à temps car il allait partir. Ouf nous sommes chanceux. Chanceux ! Pas t'en que cela. Une minute après être en route, je réalise que j'ai oublié notre argent au bateau. Stop please, stop, we forgot our money in the boat sorry. Voici une situation à prendre avec un grain de sel. Et la journée passe très vite.

Une ombre à cette journée. Ce soir, nous apprenons par courriel que nos amis Luc et Josée, pour une question de santé doivent annuler leur voyage. Cette nouvelle nous bouleverse et nous rend bien triste.



Jour 107, soleil 27C
23 janvier 11
Baie de Marigot à Ile Pinel
15 milles nautique

Sans nos Amis, c'est avec une grande tristesse que nous levons l'ancre. La Santé, si fragile et si précieuse ! Nous naviguons en direction de la baie Orientale, au nord-est de l'île St-Martin. Avec un vent de 10 à 15 nœuds, nous avons tiré des bords pour arriver à bon port. Baignade à l'arrivée. L'eau est turquoise et chaude et j'ai la chance de nager avec une raie aigle avec ses points blancs sur le dos. Elle ressemble à un papillon. L'endroit est très touristique avec les nombreuses navettes bondées de monde venant des complexes hôteliers pour profiter de cette plage au sable blanc. Avec la tombée du jour, la nature reprend quelque peu sa place et jouera avec les étoiles cette nuit.


Jour 108, soleil 27C
24 janvier 11
Ile Pinel

Le réveil dans ce magnifique décor est bon à vivre. L'endroit est paisible. Vers les 10h00, les chaloupes de touriste arrivent à la plage. Finalement, je les comprends de vouloir mettre les pieds sur un sable aussi fin et de l'eau aussi limpide. Le soleil brille pour tout le monde ! Jusque que nous, nous n'arrivons pas par le même chemin pour être ici. L'île Pinel avec son littoral fait partie de la zone protégée par un parc.

En avant-midi, nous allons faire de l'apnée sur le bout de l'île. Les petits poissons viennent à notre rencontre. L'eau est chaude. Nous nageons jusqu'à la plage question de se tremper avec les touristes.

En après-midi, nous allons marcher sur l'île. Un sentier y est aménagé et donne des informations tant sur la flore et la faune aquatique et le corail. De très beau point de vue avec des dégradés de couleurs de la mer.

On se la coule douce.


Jour 109, soleil 27C
25 janvier 11
Baie Orientale, village Cul de sac

Au réveil, je saute à l'eau. Comme ça commence bien une journée. Nous avons bien dormi, même avec des vents de plus de 20 nœuds. La ceinture de corail nous protège de la vague.

Une autre baignade après déjeuner, mais cette fois-ci elle est forcée. Denis en nettoyant son rasoir, a échappé une petite pièce à l'eau. Il faut la récupérer, car déjà qu'il a les cheveux longs, imaginer avec la barbe longue maintenant. Non, non, je plonge et je vais sûrement trouver cette pièce grosse comme un 5 cents. Disons que c'est comme quand nous étions jeune et qu'on jouait à jeter des 10 cent dans l'eau et aller les chercher. J'avoue qu'être dans seulement 10 pieds d'eau me facilite la tâche. Et voilà Mon Denis, tu peux remonter le tout et continuer à te raser comme ça tu n'auras pas trop l'air d'un hippie à notre retour.

Vers 11h00, nous partons prendre une marche au village Cul de Sac. Une épicerie, une pharmacie, quelques restos et le tour est fait. Nous poussons notre marche vers un sentier qui longe l'île en direction d'un dépotoir. Tantôt c'est la plage, tantôt c'est la falaise. Nous découvrons par hasard un voilier échoué contre les rochers. Nous sommes toujours tristes de voir ça, car nous savons que son équipage à certainement vécu un moment déchirant et pénible avant d'être contraint de l'abandonner.

Sur le chemin du retour, nous sommes surpris par les nombreux cactus, il y a en un, le cactus Tête à l'Anglais, qui est menacé d'extinction, pas les anglais, les cactus dit Tête à l'Anglais! Ici, ils sont en sécurité dans cette réserve.

De retour au voilier à 15h30, nous savourons la baignade et la relaxation.


Jour 110, soleil- nuages 27C
26 janvier 11
Baie Orientale, village Cul de Sac

Vers 11h00, nous levons l'ancre pour traverser à l'île Tintamare. Le soleil est là et chauffe le coco du capitaine qui a perdu son chapeau. (Certainement partie au vent) Il se coiffe d'un foulard qui lui va assez bien. Mon Wilson a la tête d'un pirate !

Après consultation de la carte, nous décidons de passer entre l'îlet Pinel et l'île St-Martin, une étroite passe avec des coraux de chaque coté et la vague de 4 pieds dans le nez, le sondeur indique sept pieds d'eau. Concentration, coordination, Denis à la proue et moi au moteur, l'eau déferle sur les têtes de coraux de chaque côtés de Dixou. J'exécute au pouce près les indications de Denis. Ouf ! Nous sommes passés. La grande voile se hisse, le génois déployé, il faut moins d'une heure avant d'atteindre l'île Tintamare. Cette île est inhabitée, elle fait partie de la réserve naturelle et est totalement protégé. Une eau turquoise cristalline m'invite à la baignade dès notre arrivée et finalement nous nageons jusqu'à la plage. En marchant dans ce sable blanc, l'écume blanc neige des vagues nous chatouille les orteils. Nous sommes presque seuls au monde.

Le mouillage est rouleur, comme nous ne pouvons pas passer la nuit ici, c'est vers 17h00 que nous retournons à notre ancrage confortable en face du village Cul de Sac. À notre arrivée, Hugue et sa fille Florence nous accueillent en annexe pour nous inviter à prendre l'apéro à bord de Manua. Ce voilier que nous avions croisé en novembre avec à son bord à ce moment Sylvio et François qui le convoyaient à St-Martin pour la compagnie Navtours. Marie-Josée et Marie-Chantale font partie de l'équipage. Quelle belle rencontre et bien sûr, nous échangeons sur la voile. Au plaisir de ce revoir au lac Champlain les amis.




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