Le grand voyage du petit Dixou


Aller au contenu

Mars

RÉCITS





Mars 2011
Le retour...





Jour 144, 145, soleil et nuage 26C
1 et 2 mars 2011,
Les Saintes à St-Martin

La première lueur du jour me réveille. Disons que je ne dormais pas profondément avec ce roulis toute la nuit. Encore couchée sur le dos, les yeux regardant par le hublot, ce beau ciel bleu.

Dans ce silence venteux, mon coeur écoute.

L'émotion du retour me transperce. Eh oui, le demi d'une aventure, la moitié d'un périple, le point tournant, aujourd'hui cap vers le au Nord.

Je termine ma réflexion en me disant; Le retour fait parti du voyage. Si je veux revenir, il me faut partir.

Oui ma Sylvie, cap au Nord pour les trois prochains mois. Ce retour sera teinté du même goût de découverte et avec la même intention de vibrer et de vivre pleinement et heureuse.

Les manœuvres des longues navigations se font dans un vent de 25 nœuds. C'est du sport, le vent siffle et ça va être du sport. Ça commence plutôt raide. Écoutez bien ce qui suit, ou plutôt, lisez bien.

En hissant l'annexe sur le pont de Dixou, un coup de vent violent fait voler l'annexe vers l'avant et frappe Denis. À l'impact, Denis perd le pied et tombe à l'eau. J'entends le ''plush'' et ne voit plus Denis. Ma pression monte. Une demi-seconde plus tard, je vois Denis, sur l'adrénaline, qui remonte à bord par l'étrave. Petite baignage forcée avant le départ mon Denis !

Moi ce n'est pas bien mieux. Depuis ma chute en descendant le Pic de Névis, je crois que j'ai une cote de renfoncer et cela me fait souffrir quand je force, je tousse, je ris. Allez les matelots, le départ doit se faire. Denis lève l'ancre et Dixou prend le cap du retour.

Dixou sous une allure de près bon plein jusqu'au près serré, navigue sous voile pendant 30 heures et trois heures à moteur pour passer sous l'île de la Guadeloupe et de St-Kitts, car le vent est coupé par les hautes montagnes. Durant cette traversée défile aussi les îles de Montserrat, Redonda, Névis, Statia, St-Barthélemy

, Fourchu. La ligne pêche fait le voyage sans poisson qui viennent la visiter.

Le 3 mars, à 18h00, l'équipage mouille à Grand Case, St-Martin, satisfait des 176 milles nautiques et notre escapade aux Saintes.


Jour 146, nuages, pluie, 25C
3 mars 2011,
Grand-Case

La nuit a été réparatrice. Nous sommes reposés et prêt pour la journée nettoyage et ravitaillement pour notre prochaine visite. Dixou passe le pont du Lagon à midi, et je dépose en passant le linge à la laverie. Denis va acheter une rame pour remplacer celle qui était cassé. Et c'est maintenant le tour des victuailles. Après quelques voyages en annexe, le frigidaire déborde de nourriture fraiche. il reste a remplir le voilier de ses 100 litres d'eau potable. Pour l'eau, la marina Port la Royale est tout près et elle offre un service impeccable. Avec notre radio marine, nous prenons un rendez-vous et le tour est joué.

À travers les préparatifs, des rencontres surprises. Ah que le monde est petit!

Nous rencontrons Daniel du voilier Que Syrah II avec qui nous avions traversé le Golf stream et n'avions pas revu depuis.

Par la suite, nous parlons avec un Québécois et découvrons qu'il est le frère de Sylvio,le proprio de Brania avec qui nous avons fait les écluses en octobre.

Et la cerise sur le Sunday, à l'épicerie, un couple de Québécois, demeurant à St-Étienne qui est tout près de chez nous. En conversant, nous découvrons qu'il est l'employeur de ma belle soeur Guylaine. Et bien, le monde est petit.

Tout au long de la journée, notre excitation monte à l'arrivée de notre ami de longue date, Pierre qui sera là à 21h30.

L'attente est finalement comblée et en profiterons tous les trois pour la prochaine semaine.


Jour 147, soleil, 27C
4 mars 11
Du Lagon à Grand Case

Bien dormi pour tous. Pierre apprécie le petit déjeuner à bord. Aujourd'hui, le but est de passer le pont à 12h30 et ancrons en face de Marigot. Denis et Pierre partent pour l'aéroport récupérer les bagages de Pierre. Pas de chance, les bagages ne sont pas arrivés. Nous devrons retourner demain. Bon ok !

Comme nous préférons le calme et la belle eau turquoise, vers 17h00, nous levons les voiles pour la baie Grand Case. La chaleur nous ''oblige la baignade''. Comme c'est bon !

Denis, Pierre et moi, en vieux amis, nous en avons long à se raconter. Le souper s'étire jusqu'à la nuit. Comme il fait bon de se retrouver.


Jour 148, soleil 26
5 mars 2011,
De Grand Case à Marigot,

Aujourd'hui, du tourisme à Grand Case. Dîner en tout amitié au Calmos café où l'accueil est chaleureuse et la bouffe toujours aussi bonne.

En après-midi, quelques menu travaux à bord et nous retournons sur Marigot, prise deux, pour aller à l'aéroport chercher les bagages de Pierre qui devrait être arrivés.

En route, nous sommes fascinés par le grand nombre de voiliers présents dans la baie pour la 31ième édition de la Heineken Regata ( plus de 200 voiliers) L'ambiance ici est sportive avec les équipages prêtes pour la course et aussi festive avec les différents spectacles en soirée.


Jour 149, soleil 27C
6 mars 2011,
De Grand-Case à Pinel

Au réveil, une baignade. Il fait beau, encore. Nous allons à terre pour marcher. Un resto, aux odeurs BBQ nous invite à dîner. Quelle ambiance des îles avec le chanteur animateur qui nous réchauffe l'atmosphère.

Pour la digestion, nous allons en après-midi au rocher Créole pour y faire de la plongée en apnée. Les poissons nous reconnaissent et nous sourient. J'apprécie toujours nager dans les coraux et les poissons.

Bon, il est temps de partir pour l'île Pinel. Dixou vogue sur les mêmes eaux que les coureurs de Régata. Nous sommes impressionnés du nombre et aussi des voiliers eux-mêmes. Les gars aimeraient monter à bord de ses machines de course.

L'arrivée à Pinel nous charme toujours, son eau turquoise. Parfait décor pour faire un peu de farniente dans le hamac.


Jour 150, nuages soleil 26C
7 mars 2011
De Pinel à l'île Fourchu

Au revoir Pinel. Bonjour île Fourchu. La navigation est facile et la mer est bonne. Dès que nous arrivons, nous sautons dans l'annexe pour faire un pique-nique au sommet de l'île. Quelle joie et quel bonheur nous avons à être là, dans un aussi beau décor, une si belle énergie et en si bonne compagnie.


Jour 151, soleil, 27C
8 mars 2011
De l'île Fourchu à St-Barthelemy

Toujours beau, toujours chaud. Avant d'ouvrir les voiles pour une petite navigation d'une heure qui nous mène à St-Barth, une petite saucette parmi les poissons et aussi, les gars apportent quelques modifications aux rames pour qu'elles soient adaptées à notre annexe. Nous pouvons tester le tout en allant à terre à l'anse Colombier afin d'y faire le sentier et prendre le dîner au resto chez Rolande. Pas de chance c'est fermé.

En questionnant les gens que nous rencontrons, nous apprenons que c'est congé aujourd'hui pour le Carnaval. Tout le monde est à Gustavia pour la parade. Et bien nous y serons nous aussi. Je lève le pouce et quelques minutes, une voiture nous embarque pour Gustavia.

L'ambiance est à la fête. La plupart des gens sont déguisés. Des chars allégoriques, à la musique entraînante, mais pas une musique des îles, plutôt un son américain. Dommage !

Le retour, nous remercions Nathalie et son petit garçon Nathan de 18 mois, qui sont venus nous reconduire en voiture, à l'entrée du sentier, juste avant la tombé du jour. Merci

Le sentier est tellement beau. Tellement beau, que je marche le nez dans les airs. Chose à ne pas faire pour moi. Dans un déséquilibre, ma main trouve un appui sur un cactus. Merde, ça pique en chien un cactus %&?%.

Souper et soirée en toute amitié comme je les aime.


Jour 152, soleil nuages 27C
9 mars 2011,
De l'anse Colombier à Pinel

À la levée, nous décidons de retourner au resto chez Rollande pour déjeuner. Pas de chance, elle ouvre seulement à midi. Nous en profitons pour faire quelques emplettes au dépanneur Sainte-Hélène. Les gars ne sont pas trop regardant sur le poids sachant que nous devons marcher pendant 30 minutes dans un sentier. Ils sont faits forts! À moins que ce soit le goût du houblon qui les rend fort ;))

Bien que nous ne voulions pas trop en parler, le retour de Pierre approche. Nos plans de navigation sont en fonction du jour où il prendra l'avion. Après concertation, nous levons l'ancre pour Pinel. La place pour manger de la langouste. Une petite navigation de 2h30. Sous une allure de près serré pour Dixou, Pierre trouve ça sportif et apprécie barrer et jubile quand il fait des pointes à 6.4 noeuds. Ya ou ! C'est ti gui do !

Trop beau pour durer. Le vent diminue et nous sommes obligés de partir le moteur. Finalement nous arrivons vers 14h00.

Je décide d'aller à la plage à la nage pendant que Denis et Pierre, les deux ti-gars y vont en annexe. Nous profitons pour dîner au resto de la place avec une ambiance de vacance. Pendant que nous attendons notre plat, je vais photographier des iguanes tout proche.

Je reviens à la nage et en passant à côté du voilier Safire, Diane et Pierre, les proprios nous invitent pour l'apéro avec leur invité. Ok nous serons là à 17h30. Le temps de prendre un bain dans cette belle eau turquoise.

Nous sommes bien impressionnés par Safire. Un magnifique Jeaneau de 45 pieds avec un équipement hors du commun et surtout un entretien impeccable. J'apprécie aussi le très grand corpictk aéré. Notre petit Dixou à l'air bien petit.

19h00 sonne, important de respecter le 5à 7, nous voilà de retour à bord. Souper léger. Dodo tôt.



Jour 153, soleil 26C
10 mars 2011,
De Pinel à Grand Case

Au réveil, les gars se trouvent quelques petites bricoles à faire à bord et moi j'en profite pour faire une saucette et un petit moment de farnienté dans mon hamac. Vers 11h00, nous levons les voiles en direction de Grand-Case. Le vent est avec nous et Pierre apprécie barrer Dixou jusqu'à destination.

Une petite marche pour se dégourdir les jambes. La baie de Case est toute petite. Et nous décidons de prendre le bus pour Marigot question d'allonger notre marche et faire visiter la ville à Pierre. Commençons par monter au Fort Louis pour y voir la vue d'ensemble de la baie. Nous sillonnons les rues et quand 16h00 sonne, c'est l'heure de l'apéro. Le personnel du Bar de la Mer nous accueille. Comme il n'y a pas grand monde, le proprio Jean-François et sa blonde viennent s'asseoir avec nous. Le moment est propice pour échanger sur l'énergie qui se dégage à St-Martin parce qu'il faut dire que pour moi, St-Martin n'a pas d'âme, de joie de vivre, et je ne m'y s'en pas en sécurité. Nous apprenons qu'il y a beaucoup de corruptions et les autorités ont perdu le contrôle. Les écoles sont souvent fermées à cause de bagarres. Le taux de chômage est élevé, ce qui ne vient pas aider. L'économie principale qui provient des nombreux touristes est à la baisse depuis 5 ans. Tant qu'à y être parlons des l'agressions, il y a eu une quelques jours sur un couple de touriste dans un sentier menant à la plage. La femme a été violée. L'idée d'aller monter la montagne du Pic Paradis nous a refroidi assez surtout quand c'est un policier qui te le déconseille. Alors voilà, St-Martin tu possèdes un climat exceptionnel avec ton soleil permanant, ta mer turquoise, tes montagnes verdoyantes, mais ce climat se corse dès que je veux découvrir ton intérieur. Dommage, bien dommage ! Heureusement qu'il y a encore quelques endroits plus sécuritaire et joyeux sur l'île, comme Hoster Pond, Cul de Sac.


Jour 154, soleil, 25C
11 mars 2011
Grand Case - Baie de Marigot- Grand-Case

Le matin des départs ! Sans trop le faire paraître, chacun tente de profiter au maximum de se moment qui nous réunit. Trop tôt pour parler de départ. Nous levons l'ancre à 11h00 et hissons les voiles en direction de Marigot. Ancrons tout près du pont du lagon et c'est en annexe que nous reconduisons Pierre à l'aéroport pour 1h00.

Que dire à part Merci la Vie d'avoir réuni des vieux copains complices à St-Martin. Allez, au revoir, on se revoit à St-Élie cet été. C'est ce que nous avons trouvé de plus intelligent à dire pour arrêter les larmes.

De retour à la baie de Grand Case, en regardant vers la mer, nous parlons de notre départ à nous. Nous ne savons pas ce qui nous attend sur la grande bleu.

Puerto Rico, Les Iles Vierges, Les Bahamas, tant de possibilités, tant de liberté ! Une question : qu'est-ce que nous voulons vraiment vivre sur le chemin de notre retour. Nous nous donnons quelques jours pour la décision finale.


Jour 155, Soleil nuages 25C
12 mars 2011
Lagon à Grand Case

Le réveil en douceur et la baignade matinale ne réussissent pas à chasser la tristesse qui est en moi. Est-ce le retour ? Est-ce la neige qui me manque ? Est-ce la montagne qui m'appelle ? Est-ce le vélo qui me fourmille les jambes ?

J'ai de la difficulté à accepter que l'endroit est dangereux pour une fille et que je ne puisse pas aller où je veux et d'être obliger de rester à bord ou presque. Bon je conclus sur mon état et je me donne le droit d'avoir les bleus de quelque chose.

Passons à un autre appel. L'excellent branchement Internet me permet de faire de la paperasse et des téléphones à la famille.

La vie nous apporte ce que nous avons besoin comme j'ai toujours dit. En après-midi, la visite de Pierre et Christine du voilier Safphire, suivi de la rencontre de Sylvie et Guy du voilier Toutazimut et le souper dans les lolos de Grand Case en compagnie de Daniel de voilier Damalu m'apporte beaucoup de chaleur. Merci la Vie !



Revenir au contenu | Revenir au menu