Le grand voyage du petit Dixou


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Novembre

RÉCITS





Novembre 2010
...sur la côte Est Américaine





Jour 24, Soleil. Vent fort 18 nouds diminuant en pm, soleil 17C
Lundi 1er novembre 2010
Départ Beaufort 11h00 du mille 204 - Arrivée 18h00 au mille 244 Hammock bay
Milles nautiques 40 mn - moteur 7h - voile S/O

Après cette nuit mouvementée, déjeuner en douceur. Météo annoncée, vent 20 à 25 noeuds Nord-Est. Nous décidons de partir par l'Intercostal car attendre la météo, ce n'est pas sûr. Nous préférons avancer. Nous saluons nos nouveaux amis et levons l'ancre. Au total 40 Nm au moteur. Plutôt ennuyeux. J'ai un cafard qui s'installe. Pour le chasser, je prends un bon livre, la Louvre des mers et me voilà partie dans un monde de pirates et de corsaires. Merci Patricia et Christophe pour ce livre. En après-midi, nous passons une zone militaire. Attention, si les feux clignotent, il faut stopper le voilier durant les exercices de tire. Nous sommes chanceux rien de tout cela pour aujourd'hui. Nous voyons aussi des avions-hélicoptères qui s'exercent. De plus, comme si tout était planifié, nous arrivons à la minute près pour le pont Onslow Beach qui ouvre au 30 minutes, sésame ouvre-toi ! Et nous voilà déjà passé. Trente minutes plus tard, nous posons l'ancre Hammock bay. Souper, météo et préparation de la navigation pour demain.



Jour 25, Soleil. Vent fort 18 nœuds diminuant en pm, soleil- nuages 15C
Mardi 2 novembre 2010
Départ du mille 244 Hammock bay 07h30- Arrivée au mille 311 Pipeline Canal à 18h00
Miles nautiques 67 mn – moteur 11,5h – voile /o

Comme nous avons du millage à faire, à 07h00 nous sommes sur le piton de bonne heure! Le petit train train quotidien des navigateurs de l’Intercostal. Le petit canal devient une large étendue d’eau et le vent prend là-dedans. Ça swing et ça brasse avec des vents dans le dos jusqu'à 30 nœuds, nous bénissons notre décision d’être passé sagement par l’intérieur des terres. Imaginer l’état de la mer!

Chemin faisant, tantôt nous passons des voiliers tantôt d’autres voiliers nous passent. On se salue, et quelquefois, on se jase ça à la radio VHF question d’animer ses longues journées! Un pont à faire ouvrir un autre qui ouvre à heure fixe. La question : serons-nous à temps pour le passer ? Sinon, nous attendons la prochaine heure. Et bien les marées sont avec nous et nous passons tous les ponts au bon moment. C’est ce que j’appelle avoir du « timing ». Le soir venu, souvent nous revoyons au mouillage des voiliers croisés durant la journée. Aujourd’hui c’est le cas du catamaran
Saltimbanques Des Flots SDM…, abréviation Sans Domicile Fixe, avec son équipage Renée et Patrick, des gens sympathiques habitant la région de Grenoble en France et du voilier Paradox, Alain et Suzie des Québécois de Joliette. La chimie fait son œuvre et aussitôt l’ancre piquée, une invitation pour la jasette à bord de Paradoxe. Parle parle, jase jase, et nous découvrons qu’il a une antenne wifi à nous vendre. Super, ça nous convient. Nous voilà équipé pour Internet. Et up, nous sautons sur le catamaran pour l’installation du logiciel et apprenons d’autres trucs intéressants. Pourquoi ne pas rester souper nous disent-ils ? Ben pourquoi pas ! La soirée est faite d’échanges.



Jour 26, Soleil. Vent 10 à 15 nœuds diminuant en pm, nuages 15C
Mercredi 3 novembre 2010


Départ du mille 311 Pipeline Canal à 10h30- Arrivée au mille 341 Little River, 16h00
Miles nautiques 30 mn – moteur 5,5h – voile S/O

Tel que promis, la veille, à 7 :15, nous sommes à bord de SDF pour donner des informations au sujet de la radio amateur. Le capitaine Patrick a besoin d’aide pour la faire fonctionner et Denis est son homme. Pas tout à fait régler, mais un bon bout de fait. À la prochaine les amis! La vie est bonne, nous nous reverrons certainement. Eux partent plus tôt et nous, nous ne sommes pas pressés. Le canal c’est à nouveau rétréci et c’est bien comme ça. Les vents oscillent entre 10 et 15 nœuds Nord Est. Pour les ponts, aujourd’hui, ce n’est pas le même chose. Disons, pour être positif, que nous arrivons 45 minutes avant le temps pour le Sunset Beach Pontoon Brige. Alors pendant ce temps, nous mettons l’ancre juste devant le pont et attendons en se disant que jusqu’à maintenant, nous avons eu de la chance pour l’ouverture des ponts. Plusieurs bateaux échoués, nous désolent. Comment peut-on abandonner son bateau ? En après-midi, c’est confirmé, les arrangements sont faits, demain nous rencontrons une amie à moi, Odette, qui est à Myrtel Beach pour une semaine de golf. À 16h30, nous arrivons à la destination de la journée. Quelle ne fut pas notre surprise de voir les équipages du voilier Paradox et du cata SDF. Les joyeux navigateurs se retrouvent pour la
camaraderie du 5 à 7, cette fois-ci à bord de Dixou.



Jour 27, pluie intense, 13C
Jeudi 4 novembre 2010
Départ 10h00 du mille 341 Little River- Arrivée 14h00 au mille 357 Myrtle Beach
Miles nautiques 16 mn – moteur 4h – voile S/O

Après avoir dit un autre dernier aurevoir aux équipages de Paradox et SDF, nous partons tranquillement pour Myrltle Beach à la rencontre de mon amie Odette. L’Intercostal nous attend. Aujourd’hui, il se fait sinueux et étroit. Il y a même des avertissements pour la profondeur et les roches. Nous devons être attentifs. Vers midi, surprise au loin, le catamaran SDF qui semble arrêté ! Pourquoi ? Nous ne tardons pas
à l’apprendre. Le cata a heurté le fond (beaché). La situation est critique. Nous lui offrons notre aide. Rien à faire pour le moment, ils doivent attendre que la marée remonte pour se dégager, (19h30). En espérant que cette fâcheuse situation ne fasse pas de dommage à la coque. Nous poursuivons notre route en leur disant qu’ils peuvent nous téléphoner peut importe l’heure, pour un coup de main.
Ce soir, nous serons à la marina Grand Dunes pour faciliter notre rencontre avec mon amie. Aussitôt arrivée, une douche, un taxi et toc,toc, toc. Bonjour nous sommes-là ! Une belle retrouvaille, nous en avons des choses à se dire. Un souper avec les amis de voyage d’Odette. Bon hiver, on se revoit en juin! En se couchant, nos pensées sont pour Patick et Renée du cata SDF, comment vont-ils ? Nous prenons nos
courriels. Message du SDF qui nous dit qu’il s’en est bien sorti, à part bien sûr une grande frousse.




Jour 28, Soleil. Vent moyen, 9C
Vendredi 5 novembre 2010
Départ 12h30 du mille 357 Myrtle Beach - Arrivée 16h00 mille 388 Thoroughfare Creek
Miles nautiques 31mn – moteur 3,5h – voile S/O


Réveil en douceur à la marina, prenons la météo et regardons les cartes pour notre prochaine sortie en mer. Le plan B pour atteindre St-Martin se précise. En effet avec l’ouragan Thomas, il est plus prudent de descendre plus au sud, vers la Floride et à Fort Pierce nous traversons à Freeport, puis Royal Island et finalement St-Martin. Bien sûr, si la météo reste favorable. À la radio VHF nous entendons : Dixou, Dixou ici SDF, SDF, Et quelques minutes plus tard, nos amis nous retrouvent à la marina. Nous allons ensemble faire nos courses. Un gentil garçon de la marina nous amène à l’épicerie et revient nous chercher. Quel service ! Nous largons les amarres pour le prochain mouillage où nous attendent Alain et Suzie du voilier Paradoxe. L’endroit est paisible et sauvage. Magnifique! Souper tous ensemble dans le catamaran des Français. Un festin ! Et que dire de l’omelette au rhum!



Jour 29, Soleil nuage, faible vent, 7C
Samedi 6 novembre 2010
Départ 08h30 du mille 388 Thoroughfare Creek - Arrivée 16h30 au mille 403 Georgetown CS
Milles nautiques 17mn – moteur 4h – voile S/O

Levée 07h00, une nuit fraîche, écoutons le réseau du capitaine. Nous entendons à peine les autres navigateurs. Les ondes ne sont pas très bonnes ce matin. Les trois voiliers lèvent l’ancre dans un nuage de brume. Très particulier comme paysage. Aujourd’hui un petit 17km. Nous pourrons arriver tôt et aller marcher pour découvrir cette petite ville de pêcheur. La journée nous réserve autre chose... Au premier pont que nous croisons, Denis sort la caméra pour filmer le catamaran passer sous le pont. Impressionnant de voir un aussi gros bateau passer sous le pont. Chaque fois, nous pensons qu’il va accrocher. Denis, les yeux rivés à l’écran de la vidéo, peut voir que cette fois, ça ne passera pas. Denis me crie, Sylvie en arrière tout. Le catamaran va accrocher, mat est trop long ! Vite marche arrière pour ne pas lui entrer dedans! Je m’exécute et m’éloigne en vitesse. Après avoir accroché le pont, le cata fait à son tour marche arrière aussi. L’équipage a eu peur. Nous décidons de mettre l’ancre et apporter notre soutien à Patirck et Renée. Denis s’offre pour monter en haut du mât pour constater les dégâts. Faut dire que voir mon chum, hissé à plus de 64 pieds dans les airs, me donne des frissons dans le dos. Le temps des travaux, je suis à la radio VHF pour demander au bateau moteur de diminuer leur vitesse, afin de ne pas faire de vagues. Denis constate que seulement le feu d’ancrage est cassé. Bonne nouvelle! Il enlève le morceau. Maintenant, nous devons attendre la descente de la marée pour que le cata puisse passer. 3 heures plus tard, la marée a baissé de 3
pieds et il peut passer sous le pont. Quelle frousse ils ont eu! Nous arrivons finalement au mouillage.
Quelle journée. Le soir, nous regardons à nouveau les cartes et écoutons la météo. Tout semble favorable pour un départ en mer demain matin pour quelques jours.


Jours 30, 31, 32
7-8-9 novembre 2010
Départ 10 :00h du mille 403 Georgetown SC - pour 2 nuits, 3 jours en mer

C'est à 10h que nous levons l'ancre pour environ 50 h. Atteindre la mer nous prend deux heures. Nous sommes escortés par des pélicans.
Comme l'ICW est confortable, j'en profite pour préparer quelques repas. Après seulement une heure, ça commence à brasser. Denis me réclame à l'extérieur, nous arrivons à la mer, je laisse tout, mets mon harnais pour me sécuriser et me voilà dans le carré. Le vent et aussi les vagues sont là. Nous ne sommes pas trop de deux pour faire la navigation. En arrière de nous, le catamaran SDF de 43 pieds, va dans tous les sens et entre les vagues nous le perdons de vue, imaginer un peu de quoi on a l'air. Imaginer Dixou! C'est vers midi que nous arrivons dans des eaux plus profondes qui nous apportent un certain confort. Nous gardons le contact radio avec le cata SDF qui est encore à vue. Le mal de mer s'empare de moi. Je pensais en être guérie de celui-là. Je ne file vraiment pas bien, même si j'ai pris un médicament avant de partir. Ouf! Cette sortie en mer s'annonce houleuse pour moi. Par chance, le capitaine va très bien. Je peux quand même apprécier être en mer avec un vent de 15 à 18 nœuds sur notre travers, toute voilure sortie. En soirée, le mal de mer m'habite toujours et ce, même après avoir libéré mon estomac de tout ce qu'il avait mangé depuis hier. J'appréhende la nuit qui se lève. Incapable de faire mes quarts, je me résigne à passer la nuit couchée à tenter de dormir dans cette mer qui nous brasse. Faut dire que le vent est passé de 18 à 21 nœuds. Denis revoit les bulletins météo, rien, rien n'indiquait ses vents. Bon faut faire avec. Le jour sera là demain. Denis a passé la nuit avec la minuterie. Toutes les 20 minutes à la sonnerie, il sortait dehors pour faire son tour de reconnaissance, vérifier notre position et le radar. Denis, tu es mon héros! Nos amis du catamaran, plus rapide que nous, ne sont plus à porter de radio. Au matin, je prends mon courage pour tenter d'avaler quelques choses car je faiblis. Ouf ! Denis me supporte. Un contact radio avec le réseau du capitaine, nous rassure pour la météo. Si bien que nous décidons de poursuivre jusqu'à St-Augustine. Nous tentons de rejoindre SDF, pour leur faire part de nos nouvelles intentions de navigation, mais pas de nouvelles. Vers 10h, je suis un peu mieux. Certainement à cause des dauphins. Et oui ! Pendant plus de trente minutes, une trentaine de dauphins nous accompagnent et semblent vouloir jouer avec Dixou. Bonne diversion, ça réussit ! Les vents d'aujourd'hui sont de 16 à 20 nœuds mais drette dans le nez ! La météo est une science inexacte..Comme je me sens mieux, le capitaine va dormir à son tour pour récupérer un peu. Et la prochaine nuit devrait être plus calme. Comme le vent a diminué, nous mettons le moteur en marche pour aider notre progression. La deuxième nuit se passe assez bien. La chaleur est avec nous. Les vents annoncés devrait être ouest et tournant nord-ouest.
Ils sont plutôt tourné sud-ouest et notre cap est sud-ouest alors on passera la nuit à moteur. Au petit matin, enfin les prédictions se font vraies et nous pouvons terminer cette navigation à voile seulement. L'entrée à St-Augustine se passe très bien, la marée est avec nous. Nous ancrons juste avant le pont.
Au total, 30 h de voile, 18 h moteur, 210 milles nautiques parcourus. Je rentre à l'intérieur et constate que Dixou a souffert de mon mal de mer. Tout en en désordre et même plus ! Du travail en perspective.
Nous entendons à la radio Dixou, Dixou ici SDF SDF. Quelle bonne nouvelle, nos amis seront avec nous dans 1h. Ils ont pu nous entendre sur le réseau du capitaine et ont décidé eux aussi de poursuivre plus au Sud et venir nous rejoindre. Souper tous ensemble, célébrons cette autre sortie en mer.



Jour 33, Soleil nuage, faible vent, 17C
Mercredi 10 novembre 2010
St-Augustine, Floride

Une bonne nuit de sommeil, un petit déjeuner avec mon Chum me réconcilie avec la vie. Il fait chaud et ça aussi ça ravigote le moral. Après les tâches reliées au voilier, nous allons en après-midi à la découverte de St-Augustine qui nous charme dès que nous mettons le pied à terre. L'architecture de style espagnol avec ses nombreuses boutiques d'art. Denis retourne au voilier et moi je flâne dans les rues. Je repère un musée que j'aimerais bien visiter demain. Pour le moment, je suis à la recherche d'un petit café pour y déguster un bon latté. Et up dans l'annexe, je retourne au voilier rejoindre Denis.



Jour 34 - 35 -36 -37- 38, soleil, 15C
11, 12, 13, 14 novembre 2010
St-Augustine, Floride

Les cinq prochains jours, nous les passons à relaxer et jouer les touristes en compagnie de nos nouveaux amis Français. Il fait chaud, c'est comme l'été. À travers nos visites à la ville, nous gardons du temps pour faire quelques améliorations à Dixou : réparation du Dodger, installation d'un fil d'antenne permanent pour la radio amateur (BLU), soudure d'une barre d'appoint pour le régulateur d'allure, installation de nouveaux logiciels pour la navigation. Toujours quelques choses à faire sur un voilier. Nous partageons en toute amitié des repas avec l'équipage de Saltimbanques Des Flots ( www.saltimbanquesdesflots.fr ) et ainsi découvrons des plats savoureux. Il faut penser à continuer notre descente vers le sud. La météo n'est pas des plus intéressantes pour prendre la mer avec les vents du sud annoncés pour les jours à venir, nous décidons de prendre l'Intercostal pour les quatre prochains jours. Denis, en passant ses derniers jours à St-Augustine, à l'impression qu'il a passé à côté d'une belle température pour prendre la mer. Moi je lui dis que nous aurions passé à coté de bons moments entre amis si nous étions partis plus tôt. C'est bien vrai dit-il, et après tout, nous sommes en voyage. Nous partageons un dernier repas avec nos amis en étant confiants que nos vies se croiseront à nouveau. Au revoir les Amis, au revoir St-Augustine.



Jour 39, Soleil, vent Sud 10-15 noeuds, 21C
Lundi 15 novembre 2010
Départ 7 :00h du mille 778 St-Augustine, Fl - Arrivée 17 :30h au mille 842 Rockhouse
Miles nautiques 64mn - moteur 10.5h - voile S/O

Aussitôt levé, aussitôt le moteur en marche, il est 7h. Tranquillement j'avance Dixou tout près du catamaran Saltimbanques Des Flots pour saluer une dernière fois nos amis Français. Denis prend la gaffe y met un sac et tend le tout à Patrick en lui disant : ton anniversaire arrive bientôt, voici un petit cadeau, ouvre le juste le jour venu. Nous l'avons bien surpris je pense. Et nous nous dirigeons vers le chemin de l'Intercostal. Nous sommes aussi bien heureux de reprendre la route du sud. De bouées vertes en bouées rouges, nous savons que St-Martin arrivera bientôt et cela nous réjouit. Aujourd'hui aussi les dauphins sont là. Notre émerveillement est toujours le même lorsque nous en voyons. L'endroit où nous mettons l'ancre est paisible. Passer les journées au grand air est si bon.



Jour 40, Soleil - vent Sud 10 -22 noeuds - 24C
Mardi 16 novembre 2010
Départ 7 :00 du mille 842 Rockhouse - arrivée 17 :30 au mille 909 Palm Shores
Miles nautiques 67 mn - moteur 10.5h - voile S/O

Aujourd'hui, le petit train-train se poursuit. Notre but est d'arriver le plus rapidement possible à Lake Worth pour être en position de traverser à West End au Nord des Bahamas, nous faisons de grosses journées de navigation afin d'atteindre ce but. Faut dire que l'Intercostal est assez simple à faire mais nous devons être vigilant. Nous poursuivons notre méthode des quarts de une heure. Je dois avouer que Denis en fait souvent plus long me laissant terminer de lire un chapitre palpitant ou d'écrire le récit que vous lisez en ce moment. Nous avons cinq ponts à faire ouvrir durant la journée. Vers midi, comme nous sommes entrain de faire la demande d'ouvrir un de ses ponts, une ALARME venant du moteur nous indique que ce dernier chauffe. Les yeux de Denis ont un gros Pourquoi ? Alerte à bord : et j'exécute les ordres : '' Moteur au neutre", "Ok c'est fait!" "L'eau sort-elle du tuyau d'échappement ?" "Oui elle sort! '', "Position pour mettre l'ancre, attention pour ne pas être transporté par le courant!" "L'ancre est mise, ferme le moteur!" "Ok fermé!" Le gars du pont doit se demander ce que nous faisons là !! Denis vérifie l'entrée d'eau du moteur, la démonte et souffle dedans, rebranche le tout, il vérifie aussi l'huile. OK, ça devrait aller, en route maintenant. Nous avons eu chaud. Mais la confiance est revenue. Car comme je l'ai déjà écrit, la Confiance est la base. Confiance à l'équipement, Confiance au Capitaine qui le répare, Confiance au mousse qui agit au bon moment.
Et moi qui disais que c'était simple faire la route de l'Intercostale ! Nous passons Titusville, et les souvenirs embarquent à bord. C'est l'endroit où nous avions pris possession du voilier en 2005 alors que des amis l'avaient navigués jusqu'à là. Viens ensuite Cap Canaveral, je vous informe qu'il n'y a pas de fusée dans la rampe de lancement. Le mouillage de ce soir est un mouillage de passage. Juste à coté d'un pont très achalandé et où il y a des ''live abords'', des gens qui vivent sur leur bateau et à voir leur entretien qu'ils en font, ça inspire pas confiance au capitaine. Comme le prochain ancrage est à plus de 1h de navigation et qu'il est déjà 17 :30h nous coucherons ici. Ce soir le Capitaine sera plus inquiet des gens qui l'entourent que de la solidité de son l'ancre. Ça fait aussi partie du voyage.






Jour 41, soleil, nuage - vent Est de 10 noeuds - 25C
Mercredi 17 novembre 2010
Départ 07h00 du mille 909 Plam Shores - arrivée 15h30 au mille 966 Causeway Island, Fort Pierce.
Milles nautiques 63 mn - moteur 8.5h - voile S/O


La routine : 07h00 nous sommes en chemin. Denis prend son déjeuner le premier à l'intérieur pendant que je fais la première heure à la barre. Même Intercostal, même eau. Nous épluchons les pages du cahier de cartes nautiques. Encore aujourd'hui nous avons à suivre la ligne rose du GPS. Un jeu d'enfant comme dit Denis. Vigilance quand même mon capitaine, lui dis-je. Les quarts se font plus ennuyants aujourd'hui, nous et la routine ça fait pas bon ménage. Comme si Dixou voulait nous sortir de cette léthargie; pendant que je prends le dîner à l'intérieur tranquillement, soudain j'entends un bruit de frottement sous la quille. Que se passe-t-il ? Nous accrochons le fond. J'avale tout rond ma bouchée en sortant dehors. J'ai déjà la poignée de "winch" dans la main et remonte la quille. Denis, lui cherche de l'eau. Ses yeux font le va et vient entre le GPS et le sondeur. 4 pieds, 3.5 pieds, 4.2 pieds, 5pieds. 6.5 pieds, le danger est passé! Ouf ! Voici une situation qui nous réveille. Pour rire je dis à Denis : " Je ne peux pas te laisser à la barre sans qu'il t'arrive quelque chose, mon Capitaine. Vigilance mon Capitaine!
En après-midi, les vents nous permettent d'ouvrir le génois. Avec le moteur toujours en marche, notre vitesse augmente de 1 noeud. 1 noeud ce n'est pas beaucoup mais sur une longue distance cela représente
une arrivée plus hâtive 1 heure et c'est bien apprécié par les marins. En effet, nous arrivons à 15:30h et apprécions le moment de l'apéro à ce mouillage.



Jour 42, Nuages-pluie, pas de vent en am, vent en pm nord 15 noeuds, 22C
Jeudi 18 novembre 2010
Départ 7 :00h du mille 966, Causeway Island, Fort Piece- arrivée à 16h au mille 1014, Palm Beach Garden
Miles nautiques 48mn - moteur 9.0h - voile S/O

Presque le même scénario qu'hier. Sept ponts à faire ouvrir. Le ciel est couvert toute la journée. En fin d'après-midi, un gros nuage menaçant se libère de son humidité apportant avec lui de forts vents. Nous réduisons la vitesse, allumons les feux de navigation car la visibilité est réduite. Le Capitaine, par mesure de sécurité, décide de virer de bord et faire face à l'orage question de mieux maîtriser le voilier dans le vent. Vingt minutes plus tard, le calme est revenu mais il pleut encore une heure. Nous trouvons un ancrage à l'abri des vents du Nord à Lake Worth. Pour nous, Lake Worth est l'endroit où nous attendrons la bonne fenêtre météo pour traverser au Nord des Bahamas et se diriger ensuite vers ROYAL Island et enfin St-Martin. Après consultations des sites météo, nous sommes collés ici jusqu'à mercredi, peut-être jeudi de la semaine prochaine. En espérant que cela change ! Bon nous verrons bien. Pour le moment, il fait beau et chaud et nous profitons du beau coucher de soleil.



Jour 43, Soleil, 24C
Vendredi 19 novembre 2010
Palm Beach Garden, Lake Worth

Aujourd'hui, c'est un peu plus congé. Congé de navigation. Nous étirons le petit déjeuner et décidons d'aller à terre à la recherche d'un petit café et prendre le pouls de l'endroit. À première vue, Lake Worth est une ville luxueuse. Bâtiments, autos et les gens que l'on voit le confirment. Bien sûr, nous trouvons assez facilement un café charmant : Paris in town ! Two lattés Please. Thank you. Notre voisine de table, qui est seule, nous salue en Français et nous dit : " Je vous suggère de prendre le Panier Parisien qui se déguste à deux. " Et la conversation s'installe. Je dis toujours que le monde est petit et en voici une autre preuve. Madame, qui se prénomme Sylvia, est Italienne mariée avec un Québécois natif de Montréal qui possède aussi une nationalité américaine. Ils vivent ici depuis quelques mois. Jusqu'à présent, c'est intéressant. Lorsque nous disons que nous habitons Louiseville elle répond : " Je connais, c'est tout près du Baluchon et j'y suis souvent allée! " et je lui réponds : " Moi j'y travaillais!" Nous passons le reste de l'avant-midi à échanger. Si bien qu'elle nous offre gentiment de nous faire visiter les attraits de la ville dimanche. Nous acceptons volontiers. Rendez-vous à ce café dimanche matin 9h.
Il y a quelques jours, Renée du catamaran SDF me disait : Nous voyageons aux grés des vents et des rencontres. Elle n'a jamais si bien dit. En retournant au voilier, nous croisons une autre annexe, nous ralentissons pour se saluer et une conversation s'installe. Monsieur Heinz, comme le ketchup nous dit-il, est
un Suisse qui parcoure les mers chaudes depuis plus de 15 ans. Nous jasons comme ça au milieu du petit chenal entre nos voiliers et la terre. Avoir le temps d'accueillir ses rencontres, comme j'apprécie. Tout comme la petite sieste d'après-midi.


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