Le grand voyage du petit Dixou


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Novembre, suite

RÉCITS





Novembre 2010
...sur la côte Est Américaine





Jour 44, Soleil-nuages, 24C
Samedi 20 novembre 2010
Palm Beach Garden, Lake Worth ,


Nous commençons la journée avec de petits travaux à faire à bord. Pendant que je pose une pièce au dodger décousu et répare la fermeture éclair du binini, Denis fait l'enregistrement officiel de la radio ASN qui nous permettra ainsi d'avoir accès à une liaison d'urgence marine, semblable au système 911 sur terre. J'en profite aussi pour faire du classement informatique. Et oui, nous avons aussi ses tâches, même sur un voilier. Photos, récits, comptabilité et comme nous avons accès à Internet, c'est un bon moment pour répondre aux courriels. En après-midi, nous accostons notre annexe près de la ville et à pied, nous allons au magasin préféré des Capitaines : West Marine, disons que c'est la Canadien Tire du monde nautique. Sachant que ce matin, au Québec la première neige est tombée, nous apprécions toute cette verdure et ses fleurs. En soirée, assis dans le cockpit, savourant cette belle température, je constate que c'est la pleine lune. Notre deuxième du voyage. À la première, nous étions à traverser Sandy Hook - Norfolk. Je peux dire ce soir: les lunes se suivent mais ne se ressemblent pas. Je rêvasse en me disant qu'il y aura encore six pleines lunes à savourer dans ce voyage. The live is good ! Thank you !


Jour 45, Soleil, 26C
Dimanche le 21 novembre 2010
Palm Beach Garden, Lake Worth,

Après le réseau du capitaine, nous allons à notre rendez-vous avec Sylvia au Paris in town. Heureux de se revoir, nous arrosons cela d'un latté, accompagner d'une brioche. Et nous voilà en route. Quelques achats spécifiques pour le voilier et un arrêt au liquor store. Pour nous, avoir une voiture, facilite beaucoup la tâche du ravitaillement. Par la suite, Sylvia nous amène visiter ce qu'elle appelle son jardin secret. Ce jardin, un parc ou la forêt est à la l'état sauvage. J'ai l'impression d'être dans la jungle. Attention aux serpents ! Ou sommes-nous rendus ? Quel bel arbre fruitier ! Cette randonnée nous ouvre l'appétit et nous voilà chez Sylvia qui nous concocte en un tour de main une salade à Italienne avec le véritable fromage mozzarella tout frais. Nous nous délectons. Avant de partir pour la plage, Sylvia nous fait faire la visite de l'endroit ou elle habite. Raffiné et de bon goût. La plage est invitante et la mer est belle. Nous marchons, placotons et amassons des coquillages. Les vraies vacances quoi ! Sylvia nous raccompagne au voilier et nous l'invitons à bord pour l'apéro et lui partager aussi notre demeure et notre façon de vivre qui est bien différente de la sienne. Sylvia ; belle rencontre d'une femme généreuse avec une immense joie de vivre en elle. Merci pour ta présence dans notre voyage et qui sait, la Vie nous réunira-t-elle à nouveau!



Jour 46, 47, Soleil, Soleil nuages, 24 à 26C
22, 23, novembre 2010
Palm Beach Garden, Lake Worth,

Nous profitons de la vie urbaine de Palm Beach. Une autre belle histoire qui m'est arrivée. Nous étions en ville et comme mes sandales me blessaient aux pieds, je décide donc d'aller en acheter une paire. Pour faciliter mon orientation, je demande à une dame sur le trottoir de nous indiquer le meilleur endroit pour acheter des sandales. Imaginer, 5 minutes plus tard, nous étions dans la voiture d'Emma en direction d'un centre d'achat. Les gens que nous croisons, sont toujours très intrigués par notre vie sur voilier et notre choix de prendre 8 mois de congé différé ce qui ne semble pas exister aux USA. Avec cette autre rencontre, nous sommes tellement étonnés de tant de générosité, nous devons avoir des "têtes" honnêtes ! Concernant nos allées à la ville, faut dire que les piétons ne sont pas une priorité pour les automobilistes. On nous conseille de ne pas traverser la rue aux intersections car les voitures peuvent tourner à droite en tout temps et quelques fois les voitures brûlent les feux rouges parce que les chauffeurs sont trop occupés à parler au cellulaire. Piétons soyez prudent!

Nous échangeons l'apéro avec Heinz et Monica, les Suisses du catamaran Kobold. Le capitaine a une riche expérience de navigation duquel nous apprenons beaucoup. Aussi concernant notre itinéraire vers St-Matin, il nous conseille d'aller plus à l'EST pour atteindre St-Martin car les alizées feront en sorte que nous aurons toujours le vent dans le nez. Le doute s'installe en nous. Le doute ! Un sentiment qui nourrit la peur et affecte la confiance. Pour le contrer, nous devons revoir nos plans et nous regardons à nouveau les cartes, Denis fait des simulations de routes. Envoi des courriels à des connaissances pour connaître leurs opinions. Je crois que la route va être longue pour atteindre St-Martin!



Jour 48, 49, Soleil, Soleil nuages, 24 à 26C
24, 25, novembre 2010
Palm Beach Garden, Lake Worth,

Ce matin, je découvre une senteur désagréable dans l'équipet tribord du voilier. Mais qu'est-ce que ça peut bien être? Nous n'avons pourtant aucun aliment périssable dans les équipets. , Denis as-tu mis quelques choses de périssable là-dedans? Non toi me répondit-il. Bon ok, je regarde de plus près, rien en vue! Je décide donc de le vider au complet pour trouver d'où vient cette senteur. Rapidement, la senteur augmente et je constate la cause. Le coupable est un pot '' masson ''de boeuf bouguigon qui s'est ouvert et le jus a coulé. C'est fou ce que la moitié d'une tasse de jus peut faire. Je sors les 52 pots de conserve, enlève le tissu antidérapant qui les entoure ainsi que les autres choses qui s'y trouvent. Et opération lavage! L'eau de javel est sorti et les deux prochaines heures seront consacrer à cette tâche. Un de nos amis appel ce genre de situation: une flagosse

Après plusieurs tentatives en plusieurs jours, une communication a pu être établie avec le voilier Sea Kite VA2 SKB qui se trouve déjà aux Bahamas. Un bon moment pour le Capitaine. Quand on y pense, la radio amateur, le berceau des communications.

Nous revoyons l'équipage du voilier Que Syrah II, un magnifique Moody de 40 pieds, Daniel et Chantal que nous avions croisé dans les écluses le 25 octobre dernier. Ce qui nous rappelle que le temps passe vite, même en congé. Nous racontons nos aventures vécues et bien sûr, le sujet de l'heure est la météo et la destination des équipages. En sirotant un café, chez Starbuck, nous regardons ensemble sur Internet les sites métés. Selon les prévisions, Éole serait avec nous vendredi, samedi et dimanche.

Disons qu'après huit jours passés à Palm Beach Garden, les marins ont bien hâte de partir car notre destination est St-Martin. Denis prend la météo plusieurs fois par jour, revoit les routes possibles. Fait des plans a) b) c).
Nous sommes fébriles à reprendre la mer avec la sédentarité des derniers jours et en même temps, l'appel du Sud, de la mer turquoise, des baignades, des langoustes, des dorades, tout est là.

Une fenêtre se présente pour cette nuit. Nous déplaçons le voilier pour être plus près de la sortie pour la mer, faisons le plein d'eau, préparons la sécurité pour le voilier. Dodo tôt, départ à 02h00 du matin.


Jour 50, Soleil, 26C
26, novembre 2010
Départ à 14h00 de Lake Worlk inlet,Arrivée à 07h00 Port Lucaya
75 milles nautiques, 40mn voiles et moteur, 35mn voile, vent de 10 à 20 nouds (E, SE, S)

01h30 du matin, levée de l'équipage. Le vent souffle à plus de 18 nouds ici. Le capitaine se questionne. Il fait sortir à nouveau un bulletin météo. Oups! Les conditions de la mer ont changé. Vent de 18N, vagues de 4 pieds aux 2-4 secondes. Nous communiquons avec le voilier Qué Syrah II, pour lui mentionner que nous décidons de reporter à plus tard dans la journée notre départ. Nous retournons nous coucher et convenons de regarder à nouveau la météo à 06h00. Comme le mouillage est très houleux, nous ne dormons pas beaucoup. Finalement, nous quittons le mouillage à 14h00.
La sortie en mer est agitée mais après une heure, Dixou est en pleine mer et tout va bien. On déroule le foc 100% tout en s'aidant du moteur et attendons l'état du Gulf Stream avant de monter la grande voile. Une petite ondée nous tombe dessus et ensuite le vent tourne au Sud, Yes ! On hisse la grande-voile. Cette traversée s'annonce superbe avec ce vent de travers qui souffle doucement entre 10 et 17 nouds. On arrête le moteur, c'est magique.

Mais comme la voile est une aventure et ce n'est pas parce que ça va bien qu'il n'arrive rien ! Écoutez bien ça. Vers 22h30, Denis descend dans le carré pour grignoter un petit quelques chose, il aperçoit de l'eau sur le plancher coté bâbord, c'est sûr car nous gîtons sur ce coté. Branle bas de combat à bord. Denis cherche la fuite. Il vérifie tout de suite le joint PSS, aucune fuite de ce coté, les passes coques sont aussi ok, mais le compartiment moteur est rempli d'eau. Le cour me fait trois tours quand Denis sort trois chaudières d'eau de ce compartiment. Restons calme ! Ensuite il dévisse les planchers et je lui donne la pompe électrique donc nous nous servons jamais, elle ne part pas. Ce n'est pas trop grave, Dixou est équipé d'une pompe manuelle dont nous ne nous servons jamais non plus. Elle ne marche pas non plus. Je me dis : Respire par le nez Sylvie. Ni un, ni deux, nous décidons d'écoper le fond du bateau. Denis commence et puis je prends la relève, je suis à quatre pattes et je remplis la chaudière de cinq livre avec une tasse à mesurer. Après avoir sorti une quinzaine de chaudières je sors prendre l'air car mon cour n'en peu plus et mon estomac se vide à nouveaux de son trop plein. Maudit mal de mer. S'il y en a parmi vous qui ont un remède miracle, svp faites-moi le savoir. Bon, ça va mieux, il n'y a plus d'eau dans la cale et il ne semble pas en entrer d'autres. Je dois vous dire que le disque dur du Capitaine travaille fort pour trouver d'où est venue toute cette eau. Dixou file vers Freeport sous voile seulement, pendant que le capitaine continu de scruter si l'eau monte encore, rien ???

Après plusieurs heures magiques sous voile à regarder la lune qui décroit et les étoiles qui brillent, les cales sont toujours au sec. Tout est bien qui finit bien.
L'hypothèse : une graine, une particule de saleté qui s'est logée entre les deux faces du joint moteur/hélice et qui a laissé entrer toute cette eau, la graine s'est éjectée, les faces se sont recollées et la fuite s'est arrêtée. Enfin on se souhaite que ça n'arrive plus trop souvent.

Le vent diminue de plus en plus, mais nous décidons de continuer à voile quand même car on ne veut pas entrer de clarté dans le petit canal très étroit qui nous mènera à l'abri à l'intérieur de l'île. En ralentissant cela nous permet d'arriver avec le lever du soleil.
Au petit matin, nous apercevons l'Ile Grand Bahamas droit devant et ses eaux turquoises. Une autre étape de plus dans ce voyage : l'arrivée à Grand Lucaya, aux Bahamas. Nous mettons l'ancre dans un canal, faisons un petit roupillon, avant d'aller faire les formalités des douanes. Surprise, nous sommes réveillés par un son de corne à brume, ça réveille pas à peu près ! C'est l'équipage de Gusto Del Mar, Josée et Guy de Ste-Ursule qui sont là. Ça fait bien des semaines que nous voulons nous rencontrer et maintenant ils sont là.
Pour faire les douanes, nous préférons prendre une marina pour rendre les choses plus facile. Le processus est simple. Nous remplissons des papiers, les présentons à la Douanière qui est très sympathique. Elle nous octrois un permis d'un an pour la navigation aux Bahamas (150$) incluant le permis de pêche et ensuite, nous rencontrons un homme pour la partie immigration et touriste. Là aussi, tout se passe bien, nous obtenons l'autorisation de séjourner pour six mois (20$). Les formalités faites, nous rejoignons nos amis et les amis de nos amis et célébrons nos retrouvailles ainsi que l'anniversaire à Josée.
Welcome in the Bahamas !





Jour 51, nuages-soleil 26C
27, novembre 2010
Grand Lucaya

Dormir à la marina est plus festif et bruyant qu'au mouillage. Aujourd'hui, nous profitons de la marina pour charger à fond les batteries du voilier. Le Capitaine nettoie les cales. Lorsqu'il vérifie la pompe électrique, il constate qu'elle fonctionne correctement, il n'avait pas vue le bouton de démarrage installer sur le bout du tuyau. C'est fou comme l'énervement peut nous faire voir les choses différemment. Morale : Sang froid, toujours garder son sang froid et que cela nous fasse grandir.

En mode touriste, nous marchons dans Port Lucaya, un endroit très touristique. Tranquillement, bien que pour être franche, assez vite, mon goût des endroits plus sauvages, plus nature sauvage monte en moi. La baignade, la plongée, les langoustes. Bon assez pour le touriste, nous partons quand mon Capitaine ? Et là, je dois me rendre à l'évidence encore une fois que voyager avec un voilier, c'est voyager avec le vent. Et là, je vous dis que mon esprit terrestre prend le dessus. Ben là, on part et c'est tout, les Berrys sont juste à 55Nm. OH que non! Mon capitaine me dit qu'il faut développer nos esprits de marin. Écoute bien, si nous partons maintenant, nous aurons le vent dans le nez et devrons utiliser le moteur et subir pendant 11hres l'inconfort. On a le choix, attente pour une belle traversée ou forcer et le regretter ! C'est la différence entre faire un beau voyage ou en faire le dernier. Je philosophe là-dessus une partie de la journée. Attendre les vents favorables ou profiter du présent ? Voilà la différence pour vivre heureux. J'opte pour profiter, mais j'avoue avoir quelques faiblesses. Je pense aux paroles d'une chanson Je veux tout, tout de suite et maintenant ! Plutôt exigeante la madame ! Je travaille là-dessus.

En après-midi, nous allons ancrer dans le canal où c'est plus tranquille. Denis et moi regardons à nouveau les possibilités pour rejoindre les Berrys. Je dois me rendre à l'évidence que nous partirons, si la tendance se maintient, dans trois jours. À moi d'être imaginative pour profiter des prochains jours.

Partageons en soirée un porto-chocolat avec l'équipage de Gusto Del Mar


Jour 52, nuages-soleil 26C
29, novembre 2010
Grand Lucaya

Bien dormi dans ce mouillage tranquille. La météo nous dit que nous sommes ici jusqu'au 2 décembre si nous voulons faire le trajet à voile. Sinon, c'est le moteur avec vent et vague en plein dans le nez, NON MERCI! En avant-midi, écriture et mise à jour du site Internet. Je dois vous dire que le temps passé à Palm Beach m'a permis de terminer mon cours 101 du site Internet. Maintenant, j'alimente et je mets en ligne le site. Un grand merci Gaétan pour ta patience et aussi merci de demeurer disponible pour alimenter l'onglet POSITION qui permet presque qu'en temps réel à nos familles et aux amis intéressés de suivre notre cheminement. Je suis choyée de pouvoir compter sur toi Gath.

L'après-midi, nous jouons les touristes. Comme nous sommes à Grand Lucaya, nous en profitons pour aller faire un petit tour à Taino Beach Resort où nous avons un time sharing depuis quelques années. Nous sommes reçus à bras ouvert et ils acceptent spontanément notre demande d'avoir accès aux installations pour quelques jours. Tant qu'à y être, nous demandons l'accès pour deux autres personnes.
En fin d'après-midi, dans notre petite baie, je m'installe à la proue de Dixou et cri : OYÉ'OYÉ voiliers présents, vous êtes invités à participer à un tirage au sort pour une visite guidée, incluant l'accès aux installations du Tiano Beach Resort. Ceux qui veulent participer, criez OUI JE LE VEUX! Trois inscriptions. Voici les règles du tirage, le premier aura le choix du moment ( AM ou PM) Denis qui joue le rôle de McDaléna, inscrit le nom des voiliers participants, les met dans la boîte et procède au tirage. Voici les résultats :
" 1er Le Mousse VP, Guylaine & René, choisissent, demain PM.
" 2ème, Gusto Del Mar, Josée et Gus, choisissent, après demain PM.
" 3ème, Que Syrah II, Chantal et Daniel, choisissent un avant-midi.
Je les informe que le tout sera confirmé de façon officielle par courriel dans la prochaine heure. : : : Et voilà comment on met du piquant dans l'attente d'une belle météo qui nous rapprochera de notre but : St-Martin



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